Hommage de Deauville à Geena Davis («Thelma et Louise»): «J’ai commencé en slip et soutien-gorge devant Dustin Hoffman dans «Tootsie»!

Hommage de Deauville à Geena Davis («Thelma et Louise»): «J’ai commencé en slip et soutien-gorge devant Dustin Hoffman dans «Tootsie»!
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Ainsi, elle a produit elle-même un long métrage « Tout va changer », documentaire sur la place des femmes à Hollywood, qu’elle est venue présenter à Deauville ce mardi, montrant, statistiques à l’appui, combien le chemin est encore long avant d’atteindre la parité hommes / femmes.

Dans ce documentaire réalisé par Tom Donahue, elle convoque, pêle-mêle, Natalie Portman, Cate Blanchett, Meryl Streep, Marisa Tomei, Jessica Chastain, Reese Witherspoon et bien d’autres encore pour évoquer les préjugés et la discrimination dont elles font toujours l’objet aujourd’hui.

« Jadis, j’avais cru que « Thelma et Louise » allait changer les choses et le regard d’Hollywood sur les femmes. Il n’en fut rien. Et les choses ne s’arrangent pas puisque le nombre de réalisatrices a baissé cette année, confesse Geena Davis. Pourtant, il y a des écoles de cinéma qui sont fréquentées par autant de garçons que de filles, c’est 50/50. C’est injuste qu’après l’école, on n’engage pas des femmes comme réalisatrices, c’est la preuve qu’il y a bien une discrimination. La seule chose qui bouge, c’est l’égalité des salaires, c’est déjà ça ».

« Mais peut-on vraiment mettre dans une loi l’obligation du 50/50 ? s’interroge celle à qui le Festival de Deauville rend hommage cette année pour l’ensemble de sa carrière. C’est compliqué par rapport à une telle activité créative. En France, il y a des producteurs qui commencent à s’y engager. Mais aux Etats-Unis, c’est la honte ! ».

Pourtant, même sans une loi, il y a moyen d’agir. « En Australie, poursuit Geena Davis, dans le cadre d’un festival de courts métrages, on a présenté les films au comité de sélection sans donner le nom ni le sexe de l’auteur. Résultat : autant de femmes que d’hommes sélectionnés… ».

Son engagement féministe a-t-il résisté à toutes les épreuves ? « Vous allez rire, confesse l’actrice américaine, mais j’ai commencé ma carrière dans « Tootsie », aux côtés de Dustin Hoffman… en slip et en soutien-gorge ! J’essaie de faire attention. Ainsi, j’aurais préféré incarner une joueuse de baseball plutôt que sa copine ! J’ai eu la chance de jouer dans des films qui ont marqué les gens et j’espère que j’ai pu inspirer les femmes qui les ont vus en salle ».

Pour ce documentaire militant, Geena Davis s’est muée en productrice : « J’avais déjà été productrice avant cela. Ça permet d’avoir un regard et son mot à dire sur tous les aspects du cinéma, dans la fabrication d’un film. Il n’y a que la réalisation qui ne me tente vraiment pas ».

Malgré la réalité des chiffres, Geena Davis demeure optimiste : « Voyez les films et récits pour les enfants : leurs auteurs mettent de plus en plus souvent des personnages féminins dans les rôles principaux. Ça, c’est un bon signe pour l’avenir ».

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