Le PS et le sp.a veulent évincer l’Open Vld du fédéral

PS et sp.a veulent évincer les libéraux flamands. (Isopix)
PS et sp.a veulent évincer les libéraux flamands. (Isopix)

Les informateurs Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a) ont limité à six partis leurs tractations en vue d’entamer la formation d’une coalition fédérale: N-VA, MR, CD&V et Open Vld (soit l’ancienne équipe de la Suédoise) ainsi que PS et sp.a.

Ces deux dernières formations ont décidé de lier leur destin et envisagent de vendre chèrement leur participation à une coalition fédérale, selon le quotidien.

Les informateurs semblent également admettre qu’il y a trop de partis autour de la table. Le CD&V semble le moins bien placé car il n’est pas numériquement indispensable et n’a pas d’équivalent du côté francophone, le cdH ayant choisi l’opposition.

Les socialistes ne voient pas les choses de la même façon. Ils ont lié leur destin, d’après De Standaard. Pour eux, c’est l’Open Vld qui doit être exclu du jeu. Les libéraux flamands ne sont pas plus indispensables arithmétiquement que le CD&V ou le sp.a. En outre, les socialistes sont plus proches du CD&V qui comporte une aile sociale avec un syndicat et des mutualités puissants, au contraire de l’Open Vld, parti généralement acquis aux revendications patronales.

Le PS n’a pas souhaité faire de commentaire. L’information permet toutefois de mieux saisir un commentaire prononcé lundi par le président du PS, Elio Di Rupo, interrogé alors que les informateurs fédéraux venaient d’annoncer que les écologistes ne participeraient plus à la dernière phase de leur mission. Le socialiste avait alors lâché qu’il n’avait pas l’intention de dépanner la coalition suédoise, comprenez une coalition qui, aux yeux des socialistes, comporte trois partis «libéraux": le MR, l’Open Vld et la N-VA qui durant cinq ans a suivi un cap socio-économique résolument libéral.

A l’intérieur du PS, il semble toutefois que c’est toujours l’option d’un gouvernement sans la N-VA qui est privilégiée. L’avertissement vaudrait-il dès lors comme un coup de semonce à l’égard d’un Open Vld qui ne cesse de répéter que le PS doit parler avec les nationalistes flamands?

Cet avertissement des socialistes met les libéraux flamands dans une position délicate. S’ils restent liés à la N-VA, ils pourraient être poussés vers la sortie au fédéral. Pour éviter cela, ils devraient se tourner vers les écologistes, ce qu’ils ont déjà exclu par le passé, et permettre la création d’un gouvernement sans les nationalistes.

La pression mise sur le Vld pourrait également mettre le MR mal à l’aise car il risque d’être privé de son parti frère. Sur Twitter, la ministre Sophie Wilmès a balayé ces spéculations d’un revers de la main. «Trois mois et demi, c’est franchement long pour une partie de valet puant. Et si, au lieu de multiplier les exclusives, on se mettait à travailler concrètement à un vrai projet fédéral? «, a-t-elle lancé.

Une éviction de l’Open Vld pourrait aussi avoir des conséquences sur les négociations en cours à l’échelon flamand, où les libéraux discutent avec la N-VA et le CD&V. Interrogée mercredi lors de son arrivée à la Place des Martyrs à Bruxelles, où se déroulent les discussions, la présidente de l’Open Vld, Gwendolyn Rutten, s’est refusée à tout commentaire.

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