Sienna Miller au Festival de deauville: «Comme je suis plutôt mignonne, j’ai été victime du sexisme à Hollywood»

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Sienna Miller, le nom ne vous dit peut-être rien mais cette actrice d’origine anglaise n’est pas passée inaperçue des connaisseurs notamment dans «Interview» de Steve Bescumi (en 2007), « merican Sniper» de Clint Eastwood (en 2014) ou «The lost city of Z» de James Gray, aux côtés de Robert Pattinson (en 2016). En 2015, elle fut aussi membre du jury Cannois présidé par les frères Coen.

Cette fois, elle présente à Deauville «American Woman» de Jack Scott où elle incarne une mère qui, après la disparition mystérieuse de sa fille, est obligée de tourner le dos à une vie jusque-là dispersée afin de s’occuper de son petit-fils. Sur un récit de plus de vingt ans, Sienna Miller porte le film seule à bout de bras… et de kleenex !

« Mon premier rôle principal »

«Je suis prête à interpréter n’importe quel rôle mais j’espère toujours qu’il pourra inspirer des femmes, explique Sienna Miller. Ici, à la fin du film, mon personnage force le respect, elle ne renonce jamais. Mère et grand-mère très jeune, malgré tous les coups durs encaissés, elle est toujours debout. Il y a cette résilience qui m’a tout de suite plu en elle. Et c’est la première fois que j’ai le rôle principal sans partager l’affiche avec un partenaire masculin ! Je ne vois pas un meilleur rôle que celui-là dans ma carrière».

Dans «American Woman», son personnage, comme celui de sa fille, se retrouve enceinte très jeune. «C’est un film à recommander aux jeunes filles de 16 – 17 ans. Je pense qu’une mère doit dire oui à sa fille qui lui demanderait la permission d’aller voir ce film».

A seulement 37 ans, déjà recevoir un hommage est un honneur. Mais ça ne l’empêche pas de dire ce qu’elle pense d’Hollywood: «Il n’y a pas beaucoup de changement dans le cinéma américain, ce sont toujours les grands studios qui tirent les ficelles. C’est très dur de sortir les gens de chez eux pour leur faire payer un ticket de cinéma afin d’aller voir un film indépendant. Heureusement qu’il y a des Festivals comme celui-ci qui parlent du cinéma indépendant et vos articles pour inciter des gens à aller voir ces films ».

« Bien sûr que j’ai été victime de sexisme »

Le hic aujourd’hui quand on rencontre une actrice américaine, c’est qu’il faut systématiquement parler de la place des femmes à Hollywood. On n’y a pas échappé ce mercredi avec Sienna Miller : «Les hommes décisionnaires éprouvent du désir pour les actrices et le leur font payer en les humiliant. Bien sûr que j’ai été victime du sexisme à Hollywood! Il m’est souvent arrivé d’entrer dans une pièce remplie d’hommes et de me sentir inférieure. Parce qu’étant mignonne, ces messieurs me prenaient de haut. Mais globalement, je m’estime très chanceuse, je n’ai jamais été vraiment harcelée ».

Sienna Miller se veut toutefois optimiste: «Grâce aux réseaux sociaux, l’information circule très vite aujourd’hui. Ça peut faire bouger les choses en bien. Et puis, on va de plus en plus vers une égalité salariale entre hommes et femmes. Et ça, ça procure un sentiment nouveau de puissance et ça nous donne plus de confiance ».

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