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Pierre-Yves Jeholet (MR) ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles: voici les ministres libéraux des gouvernements «arc-en-ciel» (photos)

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Jeholet ministre-président de la FWB
Jeholet ministre-président de la FWB - Belga

Le MR a annoncé officiellement, vendredi peu avant deux heures du matin, le nom de ses représentants au sein des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il aura un ministre-président, en la personne de Pierre-Yves Jeholet, qui dirigera le gouvernement de la Fédération.

Jeholet sera ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Jeholet sera ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Isopix

Au gouvernement wallon, le ministre-président sortant, Willy Borsus, sera Vice-président, et ministre en charge de l’Économie, du Commerce extérieur, de la Recherche et de l’Innovation, du Numérique, de l’Aménagement du territoire, et de l’Agriculture.

Willy Borsus
Willy Borsus - Belga

Jean Luc Crucke, sera proposé comme ministre du Budget et des Finances, des Aéroports et des Infrastructures sportives.

Jean-Luc Crucke
Jean-Luc Crucke - Belga

Valérie De Bue, a deviendra la ministre de la Fonction publique, de l’Informatique, de la Simplification administrative, en charge des Allocations familiales, du Tourisme, du Patrimoine et de la Sécurité routière.

Valérie De Bue
Valérie De Bue - Belga

Le chef de groupe au Parlement wallon sera Jean-Paul Wahl.

A la Fédération Wallonie-Bruxelles, le futur ministre-président Jeholet sera chargé des relations intra-belges, des relations internationales, de celles avec les institutions européennes, des fonds structurels européens, et de la coopération au développement.

Valérie Glatigny, la surprise du chef, sera la ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de Promotion sociale, de la Recherche scientifique, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de Justice, Promotion de Bruxelles, de la Jeunesse et du Sport.

Valérie Glatigny
Valérie Glatigny - MR

La cheffe de groupe au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles sera Françoise Schepmans.

Au parlement bruxellois, celle-ci sera remplacée, en tant que cheffe de groupe par Alexia Bertrand.

Selon le MR, « l’ensemble des ministres désignés ont indiqué qu’ils ne se porteraient pas candidats à la présidence du MR ».

Valérie De Bue revient au gouvernement wallon, en charge d’autres compétences

Après une première expérience ministérielle de deux ans au sein du gouvernement MR-cdH, Valérie De Bue rempile mais à la gestion d’autres compétences (e.a. Fonction publique, Informatique, Simplification administrative, Allocations familiales, Tourisme, et Sécurité routière).

Née le 7 octobre 1966 à Vilvorde, Valérie De Bue est licenciée en sciences économiques de l’Université catholique de Louvain. Elle a également décroché un diplôme d’études spécialisées en aménagement du territoire et urbanisme. Au début des années 2000, après avoir travaillé à l’intercommunale du Brabant wallon pendant 10 ans, elle rejoint le cabinet de Charles Michel, alors ministre des Affaires Intérieures de la Région wallonne.

Après s’être présentée sans succès aux élections communales de 2000 à Nivelles, elle est élue députée fédérale pour la première fois en 2003, un mandat qu’elle exercera durant 11 ans.

En 2006, elle devient échevine nivelloise, une fonction confirmée 6 ans plus tard.

En mai 2014, Valérie De Bue, tête de liste du MR en Brabant wallon pour les élections régionales, est élue au parlement wallon. Elle est également désignée sénatrice de communauté.

En juillet 2017, après que le cdH eut envoyé valser le PS, elle est nommée ministre régionale des Pouvoirs locaux, du Logement et des Infrastructure sportives. Son mandat sera notamment marqué par l’adoption de décrets portant sur la bonne gouvernance en Région wallonne, né du scandale PUblifin et

Jean-Luc Crucke, de l’énergie à revendre pour gérer les finances wallonnes

Né en 1962 à Renaix, cet avocat, licencié en droit de l’Université de Liège, est l’un des représentants de la génération des « quinquas » du MR.

Grâce à la constitution d’une nouvelle majorité en Wallonie, Jean-Luc Crucke accède à nouveau à la responsabilité ministérielle qui lui avait échappé au fil des législatures et qu’il n’avait pu exercer que durant les deux dernières années. Il hérite du Budget et des Finances, des Aéroports et des Infrastructures sportives.

Au cours de ses études, Jean-Luc Crucke fait la rencontre d’un professeur dont l’influence sera déterminante, Jean Gol, l’une des figures historiques des libéraux francophones. Il entre chez les jeunes du PRL qu’il présidera en 1990. En 1988, il est élu au conseil communal de Frasnes-lez-Anvaing dont il devient le premier échevin et, en 1997, le bourgmestre. En 2002, il prend la présidence de la Fédération MR du Hainaut occidental. Début 2004, il remplace pour quelques mois Olivier Chastel à la Chambre.

En 2004, Jean-Luc Crucke est élu au parlement wallon. Il réalise le troisième score de sa circonscription derrière Rudy Demotte et Chantal Bertouille. Il s’affirme comme l’un des parlementaires en vue de son groupe qu’il quittera toutefois en 2007 pour rejoindre la Chambre. En 2009, Jean-Luc Crucke décroche son deuxième mandat au parlement régional.

Orateur énergique, il est l’une des figures de l’opposition à la majorité olivier sous la législature précédente.

En 2014, Jean-Luc Crucke réalise le deuxième score de sa circonscription devant Rudy Demotte, dont il est proche malgré leurs orientations politiques différentes. Il siège à nouveau au parlement wallon dans l’opposition. Il sera l’un des membres les plus en vue de la commission d’enquête Publifin.

Au sein du MR, le député s’affiche comme l’un des partisans de Didier Reynders quand éclate la fronde menée par Charles Michel et Willy Borsus.

Fer de lance du régionalisme dans son parti, il s’affirme avec son compagnon d’armes, Pierre-Yves Jeholet, en faveur d’une Belgique à 4 Régions. Leur combat reçoit un soutien croissant au sein du MR mais toutefois insuffisant pour être inscrit dans la nouvelle doctrine du parti.

Ce parfait bilingue était l’une des personnalités du MR attendues au gouvernement fédéral en 2014 mais il ne figurera finalement pas au casting de l’équipe Michel. Sa voisine tournaisienne, Marie-Christine Marghem, sera en revanche désignée pour exercer les compétences de l’Energie et de l’Environnement.

A l’été 2017, il est toutefois nommé ministre, mais à la Région, après que le cdH eut décidé de débrancher la prise de la majorité qu’il formait avec le PS, permettant aux libéraux de renouer avec le pouvoir en Wallonie. Jean-Luc Crucke est alors nommé ministre du Budget, des Finances, de l’Energie, des Aéroports et du Climat.

A ce titre, c’est lui qui emmène la délégation belge à la COP24, la conférence des parties à la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, en Pologne tout en plaidant pour que la Belgique organise la COP26. L’idée sera finalement abandonnée, en raison notamment de son coût et du manque d’enthousiasme de la Flandre alors que le gouvernement fédéral, lui, est en affaires courantes.

En mai 2019, Jean-Luc Crucke est réélu député wallon, avec 18.400 voix de préférence.

Willy Borsus, du statut de leader à celui de numéro deux wallon

A 57 ans, le libéral Willy Borsus revient au gouvernement wallon, non plus comme ministre-président, une fonction qu’il a exercée durant un peu plus de deux ans à la tête d’une majorité associant le cdH à son parti, mais comme numéro deux, aux côtés d’Elio Di Rupo qui y fait son deuxième retour.

Né le 4 avril 1962, ce fils d’ouvrier agricole est gradué en sciences juridiques de l’IESN (Namur). Il a été secrétaire général du Conseil des Comités nationaux de la Jeunesse d’Europe. Il fait sa véritable entrée en politique en 1988 en étant élu conseiller communal à Somme-Leuze, commune de la province de Namur, dont il deviendra le bourgmestre 6 ans plus tard. Il est également attaché parlementaire de Charles Cornet d’Elzius et, en 1993, le président du PRL, Jean Gol, en fait l’un des trois vice-présidents du parti.

En 1994, Willy Borsus est élu conseiller provincial de Namur. Un an plus tard, il devient président du Conseil et en profite pour secouer l’institution en l’appelant à se moderniser. Il patientera jusqu’en 2004 pour décrocher son premier mandat parlementaire, au parlement wallon. Entretemps, il a été conseiller au cabinet du ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, Michel Foret. La déferlante des affaires politico-judiciaires qui touchent le PS permet à ce fin débatteur d’apparaître sous les projecteurs. Le député déploie ses talents oratoires et son art de la joute verbale au sein de la Commission spéciale chargée de faire la lumière sur le fonctionnement de l’AWIPH, puis plus tard dans des dossiers comme ceux de la gestion du Forem ou des réformes du Code de la démocratie locale menées à la hussarde par la majorité PS-cdH pour trouver une solution à la crise carolorégienne. Parallèlement, il s’affirme comme un fin connaisseur de l’aménagement du territoire et de son byzantin CWATUP.

En 2009, les Réformateurs entament leur deuxième législature dans l’opposition et Willy Borsus reprend le poste de chef de groupe au parlement wallon, occupé par Serge Kubla. L’opposition menée tambour battant par le MR n’a pas porté les fruits attendus. Le style se fait plus consensuel même si Ecolo ou le ministre du Budget, André Antoine (cdH), font régulièrement les frais des attaques libérales.

Au sein du parti, Willy Borsus se range aux côtés de Charles Michel quand éclate la fronde contre le président, Didier Reynders. Le chef de groupe wallon prend la tête du groupe Renaissance qui rassemble les rebelles. En octobre 2009, il est désigné vice-président exécutif du parti. Son influence va croissant. Il se charge notamment de la préparation du scrutin communal de 2012 qui permettra au MR de décrocher le plus grand nombre de bourgmestres en Wallonie.

En décembre 2013, Willy Borsus crée la surprise. Le président de la Fédération namuroise du MR fait savoir qu’il se présentera aux élections régionales en province de Luxembourg afin de ramener aux libéraux les sièges qui leur ont échappé de justesse lors des scrutins précédents. Le pari sera gagnant, également lors des communales à Marche-en-Famenne en 2018 et aux régionales en 2019, face à un autre ministre wallon, René Collin (cdH).

En octobre 2014, Willy Borsus entre au gouvernement fédéral dirigé par Charles Michel. Il reprend le portefeuille de l’Agriculture, des PME et des Indépendants, détenu auparavant par Sabine Laruelle. Le poste est important pour le MR car il touche le coeur de son électorat mais offre peu de visibilité médiatique à son détenteur dont la mission principale est d’achever l’harmonisation du statut social des indépendants avec celui des autres travailleurs, réalisée en grande partie sous les législatures précédentes.

Il avait accédé à la tête de l’exécutif wallon en juillet 2017, après l’appel pressant du président du cdH, Benoît Lutgen à un changement de majorité, jusqu’alors dominée par le PS, associé au centre démocrate Humaniste, et par ailleurs empêtré dans les secousses provoquées par le dossier Publifin.

Pierre-Yves Jeholet ou l’ascension constante d’un proche de Didier Reynders

Appelé à reprendre la tête du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet franchit un nouveau pallier dans une carrière politique aussi active que riche de multiples expériences à différents niveaux de pouvoir.

Né à Verviers en 1968, Pierre-Yves Jeholet est licencié en communication sociale de l’Université catholique de Louvain (UCL), après une candidature en droit. C’est dans le journalisme qu’il fait ses premières armes, d’abord comme correspondant sportif au journal Le Courrier à Verviers, puis comme journaliste à Radio Ciel dont il deviendra rédacteur en chef (1992-1995).

Son parcours politique est intrinsèquement lié à celui de Didier Reynders. Il devient son attaché de presse en 1995, puis assistant parlementaire, avant d’être désigné chef de cabinet adjoint et porte-parole de celui qui est devenu ministre des Finances (1999). Dans sa commune de Herve, Pierre-Yves Jeholet devient le chef de groupe du PRL-MR dans l’opposition.

Les années 2000 lui font parcourir deux allers-retours entre le Fédéral et la Wallonie. A l’issue des législatives de 2003, il supplée Didier Reynders à la Chambre, avant d’être élu au Parlement wallon en juin 2004. Il préside notamment la commission Culture et Audiovisuel du Parlement de la Communauté française et s’active dans la commission spéciale Immo-Congo du Parlement wallon (2006). Le libéral retrouve la Chambre en juin 2007, à nouveau comme suppléant de Didier Reynders. Porte-parole du parti, Pierre-Yves Jeholet est aussi rapporteur de la commission d’enquête parlementaire Fortis (2009). Il revient cette année-là au Parlement wallon et y reste après les législatives de 2010. En octobre 2012, il ravit le mayorat de Herve en décrochant une majorité absolue.

Aux élections régionales de 2014, il participe à la progression du MR qui fait atteindre aux réformateurs un score historique en Wallonie, et décroche à titre personnel la possibilité de cumuler ses mandats de bourgmestre et député. Le départ du chef de groupe MR au parlement wallon Willy Borsus pour le gouvernement fédéral lui permet de reprendre ce poste en vue, où il s’affirme parmi les plus régionalistes en plaidant notamment pour une Belgique à quatre Régions et pour la régionalisation de l’Enseignement.

En juin 2017, le cdH débranche la prise de la majorité qu’il formait avec le PS, ce qui permet au MR de revenir aux affaires. Willy Borsus devient alors Ministre-Président wallon, Pierre-Yves Jeholet étant quant à lui nommé vice-président du gouvernement régional et ministre de l’Economie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation.

A ce poste, il porte entre autres l’emblématique projet de réforme des Aides à la promotion de l’Emploi (APE), suscitant la colère du secteur et de vives critiques de la part de l’opposition. La réforme n’aboutira finalement pas en raison du ralliement, au printemps 2019, d’une députée libérale – Patricia Potigny – aux Listes Destexhe, une décision qui a fait voler en éclat la majorité MR-cdH qui ne tenait qu’à un siège.

En mai 2019, Pierre-Yves Jeholet, qui se présentait comme tête de liste libérale à la Région wallonne dans la circonscription de Verviers, est réélu député wallon avec plus de 16.600 voix de préférence.