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Elio Di Rupo sera ministre-président wallon: le PS dévoile ses nouveaux ministres des gouvernements «arc-en-ciel» (photos)

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Elio Di Rupo sera ministre-président wallon: le PS dévoile ses nouveaux ministres des gouvernements «arc-en-ciel» (photos)

Seront proposés comme ministres socialistes au sein du gouvernement de la région du sud du pays, Christie Morreale et Pierre-Yves Dermagne.

Christie Morreale occupera la Vice-présidence de l’exécutif. Elle sera chargée de l’Emploi, de l’Action sociale, de la Santé et de l’Égalité des chances.

Pierre-Yves Dermagne prêtera quant à lui serment en tant que ministre Pouvoirs locaux et du Logement.

A la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Parti Socialiste proposera au parlement Frédéric Daerden, pour occuper la Vice-présidence du gouvernement francophone. M. Daerden, sera chargé du Budget, de la Fonction publique, de l’Égalité des chances, ainsi que de la tutelle sur Wallonie Bruxelles Enseignement, l’organisme public chargé de la fonction de pouvoir organisateur de l’enseignement organisé par la Communauté française.

La socialiste bruxelloise Caroline Désir sera la prochaine ministre de l’Enseignement obligatoire.

Par ailleurs, le PS indique que Jean-Claude Marcourt est désigné « négociateur socialiste pour la formation du gouvernement fédéral ».

Elio Di Rupo retrouve pour la troisième fois la ministre-présidence wallonne

Elio Di Rupo retrouve pour la troisième fois la ministre-présidence wallonne

Elio Di Rupo redeviendra vendredi, pour la troisième fois de sa carrière le locataire de l’Elysette, surnom donné au siège du gouvernement wallon. A l’âge de 68 ans, il sera à nouveau le ministre-président wallon.

Elio Di Rupo est né à Morlanwelz le 18 juillet 1951. Il est le cadet d’une famille d’immigrés italiens de sept enfants arrivés en Belgique. Son père, travailleur dans une mine de charbon, meurt alors qu’Elio Di Rupo n’a qu’un an.

Poussé par un enseignant auquel il voue une immense gratitude, le jeune homme fait des études universitaire et décroche -avec grande distinction- une licence en chimie à l’université de Mons.

Chercheur, assistant, il devient en 1985 directeur de recherches et inspecteur général de l’Energie au ministère de la Région wallonne, avant d’intégrer différents cabinets ministériels wallons.

En 1982, il est élu conseiller communal à Mons, puis échevin en 1986. Elu l’année suivante député, il quittera ce mandat pour un siège au Parlement européen en 1989.

Il revient sur la scène nationale lors des élections 1991, mais en tant que sénateur cette fois, en recueillant 31.000 voix de préférence.

En janvier 1992, il rejoint l’exécutif de la Communauté française et prend en charge l’Education. Il affronte la fin de la grogne enseignante du début des années ’90 et lance une série de réformes profondes. En mai 1993, il reçoit en sus la compétence sur l’audiovisuel.

A la suite de la démission de Guy Coëme emporté par le scandale Agusta, il entre en 1994 au gouvernement fédéral et devient vice-Premier ministre et ministre des Communications et des Entreprises publiques.

En 1996, il traverse l’une des périodes les plus difficiles de son existence. Dans le contexte de l’affaire Dutroux, il est accusé par un jeune homosexuel, Olivier Trusgnach, de l’avoir abusé sexuellement alors qu’il était mineur d’âge. Un jugement le blanchit totalement.

Marqué par cette affaire qui révèle au grand public son orientation sexuelle, il se fera alors le défenseur régulier de la présomption d’innocence.

Après les élections de 1999, il négocie les accords du gouvernement « Arc-en-ciel » et devient ministre-président wallon. Il quitte toutefois rapidement la fonction lorsqu’il est élu, en octobre de la même année, président du PS lors du premier suffrage universel des membres du parti.

En 2005, il redevient ministre-président wallon à la suite de la démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe, emporté par les affaires carolorégiennes. Il cumule alors les fonctions de président du PS et de ministre-président, et reste le bourgmestre empêché de Mons.

Réélu très confortablement (89,5 %) à la tête du PS en juillet 2007, il cède l’Elysette à Rudy Demotte et redevient bourgmestre à part entière de Mons.

Après les élections du 10 juin 2007, une majorité orange bleue tente de former une coalition de centre-droit. Mais c’est le blocage. La Belgique plonge dans une nouvelle crise institutionnelle. Le PS est appelé à la rescousse.

Le 10 juin 2010, lors d’élections fédérales anticipées, le PS redevient le premier parti en Communauté française, ce qui l’amène à négocier avec les nationalistes flamands de la N-VA, vainqueurs incontestables en Flandre. Plus d’un an de palabres ne permettront pas la conclusion d’un accord avec la N-VA. Le 21 juillet 2011, socialistes, libéraux, démocrates-chrétiens et écologistes tant du nord que du sud du pays décident alors d’aller de l’avant sous la houlette d’Elio Di Rupo.

Ils mettront encore près de six mois pour s’entendre à huit sur une sixième réforme de l’Etat et à six (sans les écologistes) constitueront un gouvernement fédéral, dirigé par M. Di Rupo. Pour la première fois depuis 1973 et Edmond Leburton, un francophone accède au 16 rue de la Loi.

La coalition « tripartite classique » mène une série de réformes et doit procéder à un assainissement budgétaire considérable pour éponger les effets de la crise financière.

En mai 2014, Elio Di Rupo s’attend à une reconduction de l’attelage : celui-ci a progressé en sièges et a trouvé une majorité du côté flamand. Mais la N-VA est la grande gagnante du scrutin. Le CD&V préfère changer d’alliance. Sentant le coup venir, Elio Di Rupo précipite une alliance avec le cdH du côté francophone qui envoie le MR dans l’opposition. Ulcérés, les libéraux francophones convoleront seuls dans une coalition avec la N-VA, le CD&V et l’Open Vld.

S’ouvre alors une période politique particulièrement tendue. Pour la première fois depuis 1988 ans, le PS siège dans l’opposition à la Chambre. Elio Di Rupo est reconduit à la tête de son parti mais le front francophone qui avait permis la 6e réforme de l’Etat a volé en éclats et, en interne, Paul Magnette s’affirme de plus en plus comme le futur président du parti.

En juillet 2017, le PS vit une nouvelle déconvenue, lorsque le cdH rompt son alliance de 13 ans avec les socialistes et les envoie dans l’opposition en Wallonie. La première victime en sera toutefois M. Magnette qui perd la ministre-présidence.

En octobre 2018, à l’issue des élections communales, Elio Di Rupo doit céder le maïorat de sa chère ville de Mons au premier de sa liste, Nicolas Martin.

En mai 2019, les socialistes connaissent le même ressac que les deux autres familles politiques traditionnelles et enregistrent le plus mauvais score électoral de leur histoire. Ils demeurent toutefois le premier parti francophone. Elio Di Rupo mène les négociations qui aboutiront en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles à un gouvernement arc-en-ciel, comme en 1999.

Frédéric Daerden, le fils émancipé de «Papa»

Frédéric Daerden, le fils émancipé de «Papa»

Frédéric Daerden, appelé à devenir ministre, notamment du Budget et de la Fonction publique, au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, est le fils de l’ancien ministre Michel Daerden, personnalité haute en couleur du PS liégeois, décédée en août 2012.

Doté de la même apparence physique, mais d’une indolence moins voluptueuse, il s’inscrit dans les pas de celui qui l’avait initié au révisorat d’entreprise et dont il a hérité du goût pour la chose publique. Il est également chargé de cours à HEC Liège.

Leurs destins se croisent une nouvelle fois en 2009, alors que Frédéric Daerden s’exile à Strasbourg, la candidature de « Papa » l’empêchant d’effectuer un troisième mandat à Namur.

En 2014, il arrive à la Chambre où il s’affirme comme spécialiste de la Sécurité sociale. Ses joutes verbales teintées d’accent liégeois, avec le ministre calidifontain des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) marqueront les esprits.

En 1999, il avait repris de son père les rênes du bureau de réviseurs d’entreprise DC &amp ; Co, fondé par ce dernier. Alors que dix ans plus tard, des accusations de conflits d’intérêt sont portées auprès de la Justice, dénonçant un « système Daerden », Frédéric finira par rompre tout lien avec le secteur en 2011.

C’est qu’entre-temps, il est aussi devenu bourgmestre d’Herstal. Faiseur de voix, il conserve une belle notoriété, en dépit de la concurrence de plus en plus féroce à Liège du PTB.

Au sein de la Fédération socialiste liégeoise, Frédéric Daerden n’a pas eu voix au chapitre après le décès de son père. Marquée par des tensions historiques entre rivaux socialistes, parmi lesquels Michel Daerden a été un acteur de premier plan, la Fédération liégeoise s’était reconstituée autour d’un « club des cinq » scellant une alliance objective.

Mais ce club a volé en éclat en 2018, après qu’André Gilles et Stéphane Moreau eurent été poussés vers la sortie dans l’affaire Publifin. L’ex-député-bourgmestre de Seraing Alain Mathot a lui quitté la vie politique.

Sans casseroles et porteur d’un bilan honorable, proche d’Elio Di Rupo, Frédéric Daerden devient, à l’aube de ses cinquante ans, une personnalité qui compte au parti socialiste.

Une ministre nommée Désir qui n’a pas attendu pour se forger un prénom en politique

Une ministre nommée Désir qui n’a pas attendu pour se forger un prénom en politique

Caroline Désir est l’une des figures récentes du PS à Bruxelles. Elue au parlement régional en 2009 et 2014, elle occupait le 26 mai dernier la deuxième place sur la liste socialiste pour la Chambre à Bruxelles. Elle est également Vice-présidente de la Fédération bruxelloise du Parti Socialiste, depuis 2011.

Née en 1976, Caroline Désir porte un patronyme connu des Bruxellois et des téléspectateurs d’un certain âge puisqu’elle la petite fille de Georges Désir, célèbre animateur de la RTBF avant d’embrasser la politique et de devenir, notamment, ministre régional de 1989 à 1991 et bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert.

Mais sa progression personnelle dans le sérail politique a rapidement fait connaître son prénom, d’abord au PS, et ensuite dans sa commune, ainsi que dans les parlements de la Région bruxelloise et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Caroline Désir est licenciée en droit de l’ULB. Cette formation lui a ouvert les portes du cabinet du ministre-président Charles Picqué au début de la décennie précédente. C’est via cette collaboration active qu’elle a fait son entrée et ses premières armes en politique.

Dans la foulée, elle a fait son apparition sur l’échiquier politique local, plus précisément au conseil communal d’Ixelles.

Dans les parlements bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle s’est investie dans les domaines de l’enseignement, de l’emploi, de la formation, et du logement. Elle fut également sénatrice.

Au parlement bruxellois, elle était cheffe du groupe socialiste durant les deux dernières années de la législature 2014 - 2019. Dans l’hémicycle, sa voix de velours n’a pas atténué le poids des mots qu’elle met toujours au service de son idéal social, et jamais à celui des attaques ad hominem.

La députée est également échevine à Ixelles depuis 2013. Elle occupait la deuxième place sur la liste PS-sp.a au dernières élections communales.

Retour du régionaliste Pierre-Yves Dermagne au gouvernement wallon

Retour du régionaliste Pierre-Yves Dermagne au gouvernement wallon

Le député régional Pierre-Yves Dermagne a été désigné ministre des Pouvoirs Locaux et du Logement. Il avait déjà occupé un maroquin dans le gouvernement Magnette au premier semestre de l’année 2017, exerçant, déjà, la tutelle sur les Pouvoirs locaux.

Succédant brièvement au démissionnaire Paul Furlan, égratigné par l’affaire Publifin, il avait retrouvé son poste de député en juillet 2017 lors du renversement d’alliance provoqué par Benoît Lutgen. Il devint alors chef de file socialiste dans l’opposition.

Originaire de Rochefort dont il est devenu bourgmestre en octobre 2018, cet avocat a fait ses classes comme attaché parlementaire, ainsi que comme chef de cabinet adjoint du ministre Philippe Courard. Il fut aussi conseiller auprès de la ministre wallonne Eliane Tillieux.

Conseiller provincial à Namur dès 2006, il était devenu député provincial en 2012 puis député wallon et de la Communauté française en 2014.

En octobre 2015, il s’était fait remarquer en signant dans la presse - avec ses coreligionnaires Nicolas Martin et Christophe Colligon - un plaidoyer pour la régionalisation des compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est une des figures montantes du parti socialiste.

Christie Morreale, l’étoile montante liégeoise

Christie Morreale, l’étoile montante liégeoise

La sénatrice socialiste liégeoise Christie Morreale, qui est appelée à devenir ministre wallonne de l’Emploi, de la Santé, de l’Action sociale, et de l’Egalité des chances, est arrivée en politique par le truchement de Laurette Onkelinx. Elle en partage le terreau d’origine, à Ougrée, ainsi que le tempérament, les combats et le sourire débridé.

Femme volontaire, elle a dû faire sa place face aux conservatismes machistes, en arrachant sa première candidature sur une liste. Dès avant l’obtention de son diplôme en criminologie, elle se retrouve dans des cabinets ministériels, à commencer par ceux de Laurette Onkelinx, à l’Emploi et à la Justice, au sein desquels elle oeuvre à l’émancipation des femmes, à l’égalité des genres et la lutte contre la violence. Elle poursuivra dans des cabinets wallons.

Très jeune, Christie Morreale se fait remarquer par le président du PS Elio Di Rupo qui lui propose en 2003 de devenir l’une des vice-présidentes du parti. Elle n’a alors que 28 ans et est inconnue du grand public. Elle conservera cette fonction jusqu’en 2011, date à laquelle elle deviendra sénatrice.

En 2014, après un an de suppléance, Christie Morreale est élue directement, pour la première fois, au parlement de Wallonie et siège à l’assemblée de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle se spécialise dans l’enseignement, en remplacement de Caroline Désir, accaparée par sa fonction de cheffe de groupe au parlement bruxellois.

Intéressée par la défense de l’environnement, Christie Morreale se dit plus proche d’Ecolo que du MR même si socialistes et réformateurs partagent les responsabilités dans sa ville d’Esneux dont elle a été échevine.

En juillet dernier, Christie Morreale aurait pu devenir présidente du Sénat si elle n’avait pas été coiffée sur le poteau par Sabine Laruelle (MR).

A Liège, elle est proche de Jean-Pascal Labille et formait un ticket avec Jean-Claude Marcourt pour tirer la liste régionale. Avec un score de 13.287 voix, elle a pris du galon parmi les personnalités socialistes du cru.

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