Lilian Thuram défend le Diable rouge: «Romelu Lukaku a raison, le racisme empire dans le foot»

Lilian Thuram défend le Diable rouge: «Romelu Lukaku a raison, le racisme empire dans le foot»

Lilian Thuram recadre d’emblée  : « Je lutte pour l’égalité, contre le racisme, le sexisme, l’homophobie… contre toutes les discriminations. » Et par tous les moyens : éducation, littérature, bande dessinée, expositions… et interviews. Après une longue carrière de footballeur professionnel (de ses débuts à Monaco en 1991 à sa retraite en 2008 au Barça, en passant par Parme et la Juventus) couronnée par des sacres au Mondial 1998 et à l’Euro 2000, il a créé la fondation Thuram Education contre le racisme et pour l’égalité. Alors qu’il est accusé de « racisme anti-blancs » (un concept forgé par l’extrême droite) en raison de ses propos sur les cris de singe subis par Romelu Lukaku (« Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les blancs pensent être supérieurs » ; une citation sortie de son contexte, a-t-il expliqué), l’ex-international français est à Bruxelles cette semaine. Il dédicace notamment les bandes dessinées qu’il a coscénarisées à la Fête de la BD et intervient auprès d’élèves de 5e et 6e primaires.

Pour nous, il précise sa pensée : « Tout comme le sexisme, le racisme est une construction idéologique, il n’est pas naturel. Le grand public n’a pas suffisamment de connaissances sur le racisme, le sexisme, l’homophobie, les conflits liés aux religions… Il faut amener des informations qui permettent de rendre visible les hiérarchies qui existent dans la société selon la couleur de peau, le genre ou la sexualité… pour qu’elles ne se reproduisent plus. »

Vous avez joué pendant dix ans en Italie, où évolue depuis peu Romelu Lukaku et qui a été victime de cris de singe lors d’un déplacement à Cagliari. Pourquoi les choses ne semblent pas s’améliorer dans les stades ?

Il y a aujourd’hui un débat autour de mes propos. Je vais essayer de me faire comprendre. Les choses n’avancent pas parce que les personnes en charge de trouver des solutions à ces problèmes doivent avoir sûrement du mépris, parce qu’elles n’écoutent pas les victimes et ne respectent pas la souffrance des personnes noires. Depuis des années et des années, des athlètes et les personnes noirs disent souffrir. Et ça n’est pas entendu : ce que peuvent raconter les victimes, ce n’est pas grave. Lorsque vous respectez quelqu’un, vous lui venez en aide, vous agissez. Mépriser les personnes noires n’est pas une nouveauté historique. Dire cela peut paraître choquant, mais c’est la triste vérité pour celui qui s’intéresse à l’histoire du racisme. Pour ceux qui s’intéressent au sexisme, à l’homophobie, ils verraient que le mépris est le carburant essentiel pour que ces discriminations perdurent.

►►► Découvrez ici l’intégralité de notre entretien avec Lilian Thuram, ancien champion du monde français !

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