Catastrophe ferroviaire de Buizingen: la SNCB croit en l’innocence du conducteur de train

Catastrophe ferroviaire de Buizingen: la SNCB croit en l’innocence du conducteur de train
Isopix

Les experts ont conclu, dans leur rapport, que toutes les données recueillies indiquent que le conducteur du train L. a franchi un signal rouge le 15 février 2010. Mais, selon la SNCB, les gestes de conduite posés par ce dernier indiquent le contraire.

«Il a agi comme un conducteur qui voit un signal en vert», a avancé Me Gérard Kuyper, conseil de la SNCB. «Il connaissait très bien cette zone et savait qu’il devait faire extrêmement attention. Il est donc impensable qu’il y soit resté inattentif. Depuis la gare de Hal, il avait également une vue parfaite du signal en question. Je ne peux pas croire qu’il serait parti si le signal était rouge. Il n’avait pas de problèmes d’ordre psychologique, n’avait aucune tendance suicidaire et n’avait certainement aucune intention volontaire de mettre ses passagers en danger», a-t-il exposé.

Selon l’avocat, les conclusions des experts n’éclaircissent pas toutes les zones d’ombre. Il a également rappelé que d’autres incidents s’étaient produits à ce même endroit peu après la catastrophe, vraisemblablement à cause de dysfonctionnements des signaux.

Me Kuyper a également évoqué l’incident de 2009, au cours duquel le conducteur de train prévenu avait outrepassé un feu rouge. «Cela s’est produit quand il se rendait au car-wash avec un train vide. Il a été sanctionné et n’a pu conduire de train pendant deux mois. Il a été coaché ensuite avant de repasser tous les examens et certifications, qu’il a réussis», a-t-il expliqué.

«J’estime qu’il subsiste un doute sur les circonstances exactes dans lesquelles l’accident s’est produit et ce doute doit lui profiter», a conclu l’avocat.

Le 15 février 2010, un train L Louvain-Braine-le-Comte a percuté un train IC Quiévrain-Liège-Guillemains à hauteur de Buizingen, dans l’entité de Hal (Brabant flamand). L’accident a fait dix-neuf morts, une trentaine de blessés graves et une centaine de blessés légers. Le conducteur du train L est suspecté d’avoir brûlé un feu rouge, ce qu’il a toujours nié. La SNCB, opérateur du réseau ferroviaire, et Infrabel, gestionnaire du réseau, sont quant à elles suspectées de négligence en matière de sécurité.

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