Honteux à Charleroi: une mère privait ses cinq enfants de nourriture, elle est absente à son procès

Honteux à Charleroi: une mère privait ses cinq enfants de nourriture, elle est absente à son procès
Illustration Isopix

G.V. était absente à son procès et son avocat, n’ayant plus de nouvelles, n’a pas souhaité la représenter. Quant à son mari, qui était aussi poursuivi, il a mis fin à ses jours en prison.

Les faits détaillés lors de l’audience par Sandrine Vairon, substitut du procureur du roi à Charleroi, font froid dans le dos. En 2016, des pédiatres de l’hôpital Notre-Dame de Grâce de Gosselies ont alerté les autorités judiciaires. Une fillette âgée de six ans avait un retard psychomoteur et une rupture importante au niveau de sa courbe de croissance. L’enfant était maltraité depuis ses 23 mois.

Une enquête a permis d’entendre de nombreux témoins qui ont confirmé que les enfants se contentaient des couennes du jambon que leur père mangeait et que les plus jeunes buvaient des biberons composés de mayonnaise et d’eau. A l’école, les enfants fouillaient les poubelles et étaient surnommés «les estomacs sur patte».

Les punitions corporelles infligées aux gamins étaient récurrentes. Les enfants étaient régulièrement enfermés dans leur chambre durant de longues heures ou forcés de rester à genoux dans un coin, les bras en l’air. Lors d’une de ces punitions, l’une des fillettes avait déféqué sur elle et aurait été forcée à manger ses excréments par son père.

Pour le ministère public, G.V. était complice des actes de son époux. «Elle a dissimulé la situation aux intervenants sociaux, elle a présenté son mari comme un homme parfait et sa famille comme une famille normale. Elle a nié les faits. Alors qu’il était incarcéré, elle aurait pu le dénoncer et casser le fonctionnement pathologique du couple mais elle a maintenu la situation. Elle a déclaré être victime, avec son mari, des agissements de sa belle-famille, laquelle ne s’est pas appropriée les enfants», a commenté la procureure. Les enfants ont été confiés à des familles d’accueil.

Le couple a aussi été violent à l’égard d’une femme handicapée qui gardait parfois les enfants. Comme elle avait été témoin de certains faits, elle a été battue à son tour», conclut la procureure.

Pour le couple, un enfant représentait une allocation familiale. La procureure et l’avocat des partie civiles espèrent que les enfants vont pouvoir grandir dans des conditions décentes comme n’importe quel autre enfant.

Un arrêt sera rendu le 17 octobre.

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