La cuvée 2019 du vin wallon sera «excellente», en quantité et en qualité

Belga
Belga

Si le nombre de litres sera similaire à l’an dernier, le rendement est un peu moindre puisque une petite trentaine d’hectares se sont ajoutés à la production wallonne, passant de 165 en 2018 à 188 en 2019. «Il ne se passe pas une semaine sans que l’on apprenne la création d’un nouveau vignoble. Ils sont une bonne centaine aujourd’hui, dont 45 à 50 vendent et une quinzaine en vivent», note M. Rion.

Chez lui, au Domaine de Mellemont (Brabant wallon), où il exploite ses terres viticoles depuis 1991, les vendanges ont commencé samedi dernier, avec les rouges, et se poursuivent jusque dimanche, avec les blancs. «Tant la qualité que la quantité sont excellentes. 2019 est, chez nous, dans le top 3 des années record, avec 2018 et 2015. Une année normale, c’est 20.000 bouteilles. En 2018, on était à 40.000; cette année, on prévoit entre 30 et 35.000», détaille-t-il.

Parmi les grands, le vignoble des Agaises, qui produit le fameux breuvage pétillant Ruffus, table sur 250.000 bouteilles. «C’est une année normale en quantité. Ce qu’on a perdu avec les gelées, en bas de coteau, est compensé par un très bon rendement dans le reste du vignoble», précise Arnaud Leroy, l’un des propriétaires des 28,5 hectares de vignes (dont 25 en production).

La chaleur, très bonne

Contrairement au reste du secteur agricole qui a souffert de la sécheresse, les vignes ne sont que très peu sensibles au stress hydrique, les racines allant puiser l’eau jusqu’à 25 mètres sous la terre. «Il en faut beaucoup avant d’assécher les sols à cette profondeur. La chaleur est justement très bonne pour les grappes car elle détruit les champignons. La culture en bio est dès lors plus facile», explique encore Pierre Rion. Les épisodes de grêle, orage, vent ou pluie sont bien plus destructeurs et «peuvent littéralement mettre un vignoble à terre». Les terres viticoles wallonnes ont toutefois, en large majorité, été épargnées.

En outre, si le réchauffement climatique pose des problèmes de plus en plus conséquents dans certaines régions de France, c’est le cas contraire dans les contrées situées plus au nord. «La maturité en sucre et en acidité concorde davantage avec la maturité phénolique des raisins. Tout s’accorde pour trouver facilement le moment optimal de la récolte», détaille le président de l’association.

Enfin, note encore M. Rion, un «éco-système» est en train de se développer en Wallonie. «Les vignerons se professionnalisent tant par la taille que par le matériel, des balades oenotouristiques s’organisent, des centres de formations ouvrent et affichent complet... Dans un an ou deux, 80 vignerons supplémentaires débarqueront», conclut celui qui prédit une progression marquée du secteur.

Notre sélection vidéo