Nathan Duponcheel présente ses excuses à la famille d’Alfred Gadenne et s’explique: «Il y a eu ce ricanement qui m’a fait péter un câble!»

Nathan Duponcheel présente ses excuses à la famille d’Alfred Gadenne et s’explique: «Il y a eu ce ricanement qui m’a fait péter un câble!»

Nathan Duponcheel, 20 ans, accusé d’avoir assassiné le bourgmestre de Mouscron, Alfred Gadenne, le 11 septembre 2017 à Luingne (Mouscron), a été interrogé par le président de la cour d’assises du Hainaut, lundi. Le jeune accusé dit regretter son geste « qui n’a servi à rien ». Il a présenté ses excuses à la famille d’Alfred Gadenne, très digne. « Tous les jours depuis les faits, je regrette. Je voudrais changer les choses mais c’est impossible ».

Une musique a résonné dans la salle d’audience. Cette chanson de « La Fouine » est celle qu’a écoutée Nathan juste avant de frapper Alfred Gadenne. Il a confirmé devant la cour, lundi matin, que cette chanson lui faisait penser à son père.

« C’est comme un spirale négative, qui me fait penser à mon père », a déclaré l’accusé. Pour rappel, son père s’est suicidé en février 2015, soit quelques mois après avoir perdu son emploi à la Ville de Mouscron. Nathan considérait qu’Alfred Gadenne était responsable. Il a voulu venger son père.

« Me venger, cela ne m’a pas été soufflé », a-t-il précisé au président Jonckheere. « Quand on était à la maison, papa parlait souvent de ses problèmes, il en souffrait beaucoup. Quand il rentrait du travail, qu’il venait de se faire engueuler par son chef, il était stressé. »

Nathan se rendait chez une jeune fille, armé d’un couteau

Ancien travailleur de Belgacom, Olivier Duponcheel avait été « transféré » au SPF Intérieur, puis détaché à la Ville de Mouscron en raison de ses connaissances sur la mise en place de la carte d’identité électronique, dès 2004. Dix ans plus tard, la Ville avait mis fin à cette collaboration.

« Je sais qu’il se battait pour son emploi avec son syndicat mais je n’ai pas vu les mails échangés », a expliqué l’accusé. « Pour moi, mon père s’est suicidé à cause de son travail. Celui qui pouvait l’aider à garder son emploi et qui prenait la décision finale, c’était le bourgmestre », a-t-il insisté.

« Alfred Gadenne était-il dieu le père à Mouscron ? », lui a demandé le président. « Oui, peut-être… », a répondu l’accusé. « Pour moi, ce n’était pas le chef de service qui avait le sort de mon père entre ses mains. C’était le bourgmestre ! »

« Quand il a ricané, cela m’a fait péter un câble encore plus. J’ai donné des coups, j’ai vu du sang partout. C’était trop tard, je ne pouvais plus rien faire », a poursuivi l’accusé en pleurant dans son box.

Aujourd’hui, l’accusé déclare qu’il s’en veut et que cela n’a servi à rien.

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