Coup de Cœur du FIFF à Laetitia Casta : « Mannequin ? Je n’avais pas les mensurations, j’étais trop petite ! »

Coup de Cœur du FIFF à Laetitia Casta : « Mannequin ? Je n’avais pas les mensurations, j’étais trop petite ! »
Isopix

« Sur un plateau de tournage ou sur une scène de théâtre, avec l’expérience, j’ai acquis une sorte d’assurance. Mais parler de son travail comme ça devant un public, c’est différent. ! » avoue celle qui fut la Marianne des Mairies de France tout un temps.

Pour Laetitia Casta, tout a commencé très jeune, dès l’âge de seize ans. « Pour moi, le mannequinat n’était pas vraiment un métier. On commençait à parler de Claudia Schiffer, Naomi Campbell, mais sans plus. Les tops model n’étaient pas aussi médiatisées qu’aujourd’hui. Moi, ça m’a permis de m’échapper d’un milieu, de sortir de chez moi et de prendre un autre chemin, de me faire ma propre école, d’avoir accès à la culture, à la créativité, aux voyages aussi et aux langues, j’ai appris l’anglais ».

Curieusement, Laetitia Casta confie ne jamais avoir eu l’impression d’être un vrai mannequin : « Je n’avais pas les mensurations, j’étais trop petite. Dans la mode, tout est sur mesure… mais pas à mes mesures. Quand j’ai rencontré Yves Saint-Laurent, je n’avais que seize ans. On était tout aussi timide l’un que l’autre. Il regardait par terre et moi aussi. Puis quand il a levé les yeux, il m’a fait une vraie déclaration d’amour et m’a demandé de danser ! En fait, il m’a demandé de jouer des personnages. C’est qu’il voyait en moi une actrice. Lors de mon premier défilé, je n’avais pas de numéro comme les autres filles et je passais la dernière. J’étais vexée. Je n’avais pas compris que j’étais sa favorite et que j’avais la plus belle place du défilé ! »

Mais la comédienne corse ne voulait pas rester enfermée dans le monde de la mode. C’est alors qu’elle s’est tournée vers le monde de la photo : « La photographie, c’est le premier regard qu’on a posé sur moi ».

Vint alors le cinéaste portugais, Raoul Ruiz : « Il m’avait vue lors d’un défilé et m’avait dit : « Tu marches comme une paysanne ! » se souvient amusée Laetitia Casta. « Pour « Les âmes fortes » (NDLR de Raoul Ruiz, en 2001), j’ai accepté un personnage difficile dont aucune actrice n’avait voulu ! Moi, je rigolais entre les prises. Je n’ai eu aucune difficulté à entrer dans le travail d’acteur même sans avoir suivi la moindre école de cinéma, j’ai appris le métier sur le terrain ».

Avec ce film, Laetyitia Casta découvre la fièvre du Festival de Cannes : « Je n’étais pas impressionnée. Comme mannequin, j’avais déjà été suffisamment exposée à la lumière. Mais là, je découvre que les actrices se regardent dans le miroir comme les mannequins. Les actrices rêvent d’être en couverture des magazines alors que moi je voulais renier cela ».

De manière générale, c’est le scénario qui compte plus à ses yeux que le metteur en scène : « Je regarde ce qui arrive à mon personnage. C’est ma priorité. Faire Brigitte Bardot, c’est une vraie construction (NDLR « Gainsbourg (vie héroïque) » en 2009). C’est quand on effeuille un peu de soi que ça devient de plus en plus fort, c’est comme une drogue. Et peu importe que le rôle soit petit ou grand. Je pense que chacun de mes rôles est arrivé au bon moment dans ma vie ».

« Le rapport à la nudité ne doit pas être tabou ».

Dans « Astérix et Obélix contre César » de Claude Zidi, en 1999, Laetitia Casta est Falbala, face à des monstres du cinéma français comme Depardieu, Clavier ou Galabru : « Ce sont des acteurs incroyables. J’étais très naïve. Mais j’ai surtout remarqué que malgré leur âge et leur maturité, ils jouaient encore comme de grands enfants. Et je me suis dit que c’est ça que je voulais faire. Depardieu m’a encouragée et m’a présentée à son agent. Et j’ai continué ! »

Au théâtre, en 2004, elle joue sous la direction de Jacques Wéber à l’affiche de « Ondine » : « Il savait que je n’avais aucune connaissance technique pour jouer au théâtre et qu’il devait tout m’apprendre. Il m’a vraiment guidée dans ce que c’est que le jeu d’acteur, toucher à l’authenticité du personnage. Et puis, il m’a fait découvrir le travail de la voix : je n’étais pas juste un visage, j’avais aussi une voix ».

Dans « Le milieu de l’horizon » de Delphine Lehericey, présenté en compétition, à Namur, Laetitia Casta incarne une femme confrontée aux thèmes de la nudité et de l’homosexualité au féminin : « C’est le côté sauvage et animal de l’être humain, j’ai travaillé mon rôle avec une chorégraphe. Je voulais montrer une féminité différente de l’esthétisme des podiums des défilés de mode, en toute légitimité. Le rapport à la nudité ne doit pas être tabou. Parfois, on est mis très à nu sans se déshabiller ».

Une dernière précision : « Me voir à l’écran ? C’est une grosse épreuve ! On ne regarde que ce qui ne va pas. Tandis que quand je revoie le film une deuxième fois en salle, avec un public, c’est très différent, ça passe beaucoup mieux. Le vrai plaisir, c’est alors la réaction du public, puis leurs commentaires à la sortie de la salle, quand les spectateurs vous parlent des échos et des réponses que le film leur apporte. On fait ce métier pour le partage ».

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