Au moins quinze morts dont huit civils dans l’offensive turque en Syrie, la Belgique condamne les opérations

Au moins quinze morts dont huit civils dans l’offensive turque en Syrie, la Belgique condamne les opérations

« Les Forces armées turques et l’Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara) ont débuté l’opération « printemps de la paix » dans le nord de la Syrie », a annoncé M. Erdogan sur Twitter.

Cette opération vise, selon lui, « les terroristes des YPG et de Daech (acronyme arabe du groupe État islamique) » et a pour objectif de mettre en place une « zone de sécurité » dans le nord-est de la Syrie.

« La zone de sécurité que nous allons créer va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays », a-t-il ajouté.

Cette offensive, que la Turquie menaçait depuis plusieurs mois de lancer, est la troisième que mène Ankara en Syrie depuis 2016.

Le président américain Donald Trump a semblé donner son feu vert dimanche à une telle opération avant de revenir sur ses propos et d’assurer que les États-Unis n’avaient « pas abandonné les Kurdes », qui ont joué un rôle crucial dans la défaite militaire de l’EI.

Si les Occidentaux louent le rôle des YPG dans la bataille contre l’EI, Ankara considère ces combattants kurdes comme un groupe « terroriste » et une menace à sa sécurité en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le sol turc.

Une forte explosion

« Les Forces armées turques et l’Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara) ont débuté l’opération +Source de paix+ dans le nord de la Syrie », a déclaré M. Erdogan sur Twitter.

Une forte explosion a été entendue dans la région de Ras al-Aïn, située dans le nord syrien à la frontière avec la Turquie, a rapporté un correspondant de l’AFP, peu après l’annonce par Ankara du lancement de son offensive contre une milice kurde.

Rapportant la fuite de dizaines de civils, le correspondant de l’AFP a pu voir des colonnes de fumée s’élever tout près de la frontière tandis que des avions survolaient le secteur. « Les avions de guerre turcs ont commencé à mener des frappes aériennes sur des zones civiles, il y a une forte panique parmi les gens », a indiqué de son côté un porte-parole des forces kurdes, Mustafa Bali.

Poutine appelle Erdogan à « bien réfléchir » avant de lancer une offensive

Le président russe Vladimir Poutine a appelé son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à « bien réfléchir » avant de lancer une offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, a indiqué un communiqué du Kremlin.

« Poutine a appelé ses partenaires turcs à bien réfléchir à la situation afin d’éviter de porter atteinte aux efforts communs visant à résoudre la crise syrienne », affirme ce communiqué, publié après un entretien téléphonique entre les deux présidents.

Au moins quinze tués, des milliers de personnes fuient pour échapper aux bombardements

Au moins 15 personnes, dont 8 civils, ont été tuées mercredi au cours de l’offensive, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Parmi les victimes, deux sont mortes lors de tirs d’artillerie contre la ville de Qamichli, une ville majoritairement kurde, a précisé l’OSDH, qui avait préalablement annoncé un bilan total de 11 personnes tuées.

Selon l’OSDH qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, 40 personnes ont également été blessées lors de l’offensive turque.

Une réunion en urgence du conseil de sécurité de l’ONU jeudi

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira jeudi en urgence à propos de l’offensive turque. La réunion, qui se tiendra à huis clos, intervient à la demande de la Belgique, de la France, de l’Allemagne, de la Pologne et de la Grande-Bretagne, ont confirmé les Affaires étrangères.

La France, l’Allemagne et la Belgique, entre autres, ont déjà fermement condamné l’opération. Ils préviennent que l’offensive déstabilisera encore plus la région et ouvrira la voie à la réorganisation du groupe terroriste Etat islamique.

La Belgique condamne les opérations

La Belgique condamne les opérations en cours dans le nord-est de la Syrie, a indiqué mercredi le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, en commission de la Chambre. Plus tôt dans la journée, elle avait appelé à la retenue et demandé qu’il n’y ait pas d’invasion.

La Belgique a demandé avec la France et l’Allemagne l’inscription de ces événements à l’ordre du jour de la réunion du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

«L’urgence, maintenant, c’est le Conseil de Sécurité. C’est là qu’il est possible d’avoir une véritable réaction car c’est là que les problèmes de sécurité se règlent», a-t-il dit.

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