La défense de Stefan Asenov affirme qu’il n’a pas voulu tuer

La défense de Stefan Asenov affirme qu’il n’a pas voulu tuer
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Stefan Asenov (35 ans) est accusé d’avoir commis les agressions de deux prostituées la nuit du 15 au 16 mars 2017 à Liège. Limia Karimallah (56 ans) avait été tuée après avoir été rouée de coups. Chantal M. avait aussi été rouée de coups mais elle avait pu s’échapper de la camionnette de l’accusé, où elle avait aussi été embarquée.

Les avocates de la défense ont tenté de dresser un autre portrait de leur client. Me Ellen de Raedt a affirmé que Stefan Asenov ne peut être réduit aux faits qu’il a commis. « Il regrette d’avoir bu et de s’être comporté comme il l’a fait. Mais est-il vraiment le prédateur qu’on prétend ici ? «, a questionné Me de Raedt.

Issu de la communauté gitane et d’une minorité discriminée, l’accusé souffre de capacités intellectuelles limitées. Il avait quitté la Bulgarie pour tenter de trouver une meilleure vie dans un autre pays européen. La défense a soutenu que les faits de violence conjugale dénoncés par son épouse ne sont pas avérés. « Depuis qu’il vit en Belgique, il n’a plus été condamné pour des faits de violence. Le diagnostic de psychopathie ne peut être affirmé », a indiqué Me de Raedt.

La défense a soutenu que Stefan Asenov n’a pas commis les faits qui lui sont reprochés de sang-froid. « La nuit des faits, il a offert des cigarettes à Limia Karimallah. Mais elle lui a ensuite volé son GSM et son portefeuille. Cela a donné la réaction que l’on sait », a indiqué Me de Raedt.

« Il ne faut pas faire de lui un diable »

Selon Me Virginie Cottyn, Stefan Asenov ne conteste pas la matérialité des agressions mais il conteste leur qualification. « Notre client n’est pas un saint. Mais il ne faut pas faire de lui un diable », a plaidé l’avocate en évoquant le doute raisonnable qui doit profiter à l’accusé.

Me Cottyn a décrit la scène fatale à Limia Karimallah selon la version de son client. « Il s’était endormi dans la camionnette et a été réveillé par le bruit de la portière qui s’ouvrait. Il a vu que son portefeuille avait disparu. Une bagarre a éclaté et il était si furieux qu’il a agi de manière impulsive. Tous les coups ont été donnés dans la camionnette. Mais il était persuadé que la victime allait se relever », a décrit l’avocate.

La défense a contesté la préméditation des faits reprochés à Stefan Asenov. « Il était ivre. Cela n’est pas une excuse mais cela justifie son comportement exagéré. C’est un primitif qui est incapable de planifier des choses et de réfléchir un passage à l’acte. Il ne faut pas analyser son comportement dans le cadre d’un geste de prédation », a soutenu Me Cottyn.

La délibération sur la culpabilité débutera jeudi matin.

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