Procès du braquage mortel de Roisin: à qui, la trace de semelle?

Peu de preuves matérielles pour étayer le procès des accusés.
Peu de preuves matérielles pour étayer le procès des accusés. - Belga

Dans le cadre de l’enquête sur le vol et le meurtre commis dans la ferme Libiez à Roisin, la nuit du 20 au 21 octobre 2016, les policiers ont relevé peu d’indices sur la scène de crime. À l’intérieur de la ferme, les services de secours étaient occupés à sauver Bernard Libiez, atteint d’une balle. Son frère Jean-Claude était déjà mort.

Les policiers ont relevé une trace de semelle dans la boue, une chaussure de la marque Fred Perry, identique à la paire saisie chez Torino Dubois, qu’il portait le 31 octobre lors d’un vol qualifié dans une habitation. Ce dernier rétorque qu’il n’est pas le seul à porter ce genre de chaussures. Mercredi, le chef d’enquête et le juge d’instruction ont admis qu’il ne s’agissait pas forcément de ses chaussures.

Balancé par Loïc

Le seul élément qui pourrait donc relier Torino Dubois à la scène de crime tombe. Pour le reste, tout repose sur les déclarations de Loïc Harvengt, qui s’est rétracté à plusieurs reprises. Et encore, Loïc Harvengt prétend détenir ses informations de Franz Pottiez, lequel prétend que ce sont les gitans (Torino Dubois, Brondon Kempfer et Josué Krier) qui ont réalisé le coup qu’il avait imaginé.

Or, les gitans prétendent qu’ils n’ont jamais été à Roisin cette nuit-là et aucun téléphone portable n’active la borne située près de la ferme au moment du crime.

Peut-on condamner quelqu’un sur base des déclarations d’un co-accusé ? Pour la défense, la réponse est clairement non.

Aucun élément objectif

Me Mairiaux, avocat de Torino Dubois : « Aucun élément ne vient raccrocher Torino Dubois à un fait commis la nuit du 20 au 21 octobre 2016 à Roisin. La téléphonie n’apporte rien. On ne peut tirer aucune conclusion de cette trace de semelle ».

« Il n’y avait aucune trace de sang humain sur les chaussures saisies chez mon client », précise Me Bouchat, avocat de Josué Krier. « Quant à l’exploitation du numéro de téléphone qui lui est attribué, elle n’apporte aucun élément positif de culpabilité ».

Me Bruno, avocat de Brondon Kempfer, ne relève aucun élément matériel qui relie son client à la scène de crime. « Sa participation ne repose que sur deux déclarations, celle d’un homme absent et celle d’un autre qui s’est rétracté à plusieurs reprises ».

Me De Quévy est convaincu de l’innocence de Thomas Audin, plus que jamais. « Il a tout fait pour sauver la vie des victimes ».

L’accusation sera chargée d’apporter ces éléments de preuve dans son réquisitoire. Après trois jours de débat, les indices de culpabilité sont très minces. Ce ne serait pas la première fois que des gitans pris dans le viseur de la police sortent finalement libres du tribunal…

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