Offensive turque en Syrie: l’ambassadeur turc convoqué à Bruxelles par Didier Reynders

Didier Reynders prend ses responsabilité face à l’offensive turque en Syrie
Didier Reynders prend ses responsabilité face à l’offensive turque en Syrie - Isopix

La France et l’Italie ont également convoqué jeudi leurs ambassadeurs respectifs. « L’UE appelle la Turquie à immédiatement mettre fin à cette opération », a insisté M. Reynders sur Twitter.

Ce dernier a par ailleurs communiqué avoir abordé l’offensive turque en Syrie avec le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) Antonio Vitorino, parlant d’une « préoccupation commune » quant aux « conséquences pour les citoyens sur le terrain » et la « déstabilisation croissante dans la région ».

« La population touchée subit de fortes pressions depuis longtemps et a déjà été déplacée, à plusieurs reprises, à l’intérieur du pays. Des inquiétudes ont également été exprimées quant au risque d’une pression migratoire accrue pour la Turquie et l’Europe », ajoute encore le ministre, cité dans un communiqué.

La Turquie a lancé mercredi une offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antidjihadiste. Des régions voisines de la Turquie, notamment les zones de Tal Abyad et de Ras al-Aïn, ont été bombardées, puis des militaires ont pénétré en territoire syrien. L’opération vise à éloigner de la frontière la puissante milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), considérée par Ankara comme une organisation terroriste.

Mercredi, l’UE, via la voix de sa cheffe de la diplomatie Federica Mogherini, a appelé la Turquie à « mettre fin à l’action militaire unilatérale ». L’offensive « sape la sécurité des partenaires locaux de la coalition » internationale de lutte contre l’Etat islamique, et « risque de conduire à une instabilité durable dans le nord-est de la Syrie, offrant un terreau fertile pour la renaissance de l’EI », a ajouté l’Italienne, soulignant l’importance de « la détention sécurisée de combattants terroristes ». De nombreux combattants de l’EI sont en effet détenus dans des camps tenus par des Kurdes.

Face à la réaction européenne, le président turc Recep Tayyip Erdogan a quant à lui brandi en menace la possibilité « d’ouvrir les portes » vers l’Europe à des « millions de migrants ».

Plusieurs États, dont la Belgique, ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui doit avoir lieu ce jeudi.

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