Malgré la polémique, CNews embauche Eric Zemmour mais assure qu’il y aura des garde-fous

Zemmour, lors de la «
Convention de la droite
» à Paris
Zemmour, lors de la « Convention de la droite » à Paris - Photo News

«L’éditorialiste Eric Zemmour rejoindra CNews à partir de lundi, dans le cadre d’une nouvelle émission « Face à l’info », de 19H00 à 20H00, orchestrée par Christine Kelly du lundi au jeudi», a indiqué à l’AFP Gérald-Brice Viret, directeur général des antennes du groupe Canal+, confirmant une information du site Les Jours.

La question de son arrivée sur la chaîne d’information du groupe appartenant à Vincent Bolloré était en suspens depuis que le polémiste, condamné pour provocation à la haine religieuse mi-septembre, fait l’objet d’une nouvelle enquête pour «provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence» après son discours prononcé au cours d’une réunion organisée par les proches de l’ancienne députée d’extrême droite Marion Maréchal.

Le discours -retransmis sur LCI-, où Eric Zemmour s’en est pris aux immigrés «colonisateurs», et a repris à son compte la théorie du «grand remplacement» de l’écrivain Renaud Camus, a provoqué un tollé dans le monde politique, associatif et dans les médias.

«Nous n’offrons pas une tribune sans filtre ni même un créneau d’expression libre, c’est vraiment un face à face avec des fortes personnalités», assure le dirigeant de Canal+. «Eric Zemmour ne sera en aucun cas la voix de CNews, ce sera une des voix sur CNews», affirme-t-il.

Avec cette arrivée, l’émission de Laurence Ferrari est avancée de 19H00 à 17H00. Christine Kelly, une ancienne du CSA et de LCI aujourd’hui dans la bande de Cyril Hanouna sur C8 ne sera plus dans Touche pas à mon poste mais restera dans Balance ton post.

Dans la première partie de l’émission débattront quatre éditorialistes: Eric Revel, Eric de Riedmatten, Marc Menant et Eric Zemmour, puis dans une deuxième partie, Christine Kelly «orchestrera un Face à Face dans lequel un invité porte la contradiction à Eric Zemmour sur le fait principal de l’actu du jour», détaille-t-il, précisant que «tout le monde sera le bienvenu pour débattre face à Eric Zemmour».

Après le discours de fin septembre, RTL a pris ses distances avec Eric Zemmour. Paris Première, où il anime l’émission «Zemmour et Naulleau» l’a convoqué mais poursuit son émission et Le Figaro lui a également fait savoir sa réprobation sans pour autant arrêter sa collaboration.

Des annonceurs, interpellés sur Twitter par le collectif «Sleeping Giants», ont fait savoir qu’ils n’achèteraient plus de spots pendant «Zemmour et Naulleau» : Nutella, la Maaf, la Maif, Monabanq, Groupama, le groupe PSA. Des mesures de rétorsion qui pourraient toucher CNews.

Sur CNews, ce sera un retour aux sources pour Eric Zemmour qui avait participé à une émission de débat similaire sur iTélé (ancien nom de CNews) de 2003 à 2014, arrêtée après une polémique sur des propos antimusulmans tenus au journal italien Corriere della Sera.

«Nous avons obtenu des garanties de la part de M. Zemmour notamment sur le fait qu’il n’est pas là avec un calendrier politique, il est là comme éditorialiste avec aucune ambition électorale, c’est très important pour nous», a assuré Gérald-Brice Viret.

«S’il est candidat, Serge Nedjar (patron de la chaîne, ndlr) aura a tout moment la possibilité de le suspendre de l’antenne», indique-t-il.

L’arrivée du polémiste a été un sujet de tensions en interne mais selon Le Canard enchaîné, c’est Vincent Bolloré en personne qui tenait à son embauche.

Anticipant son arrivée sur CNews «à une heure de grande écoute qui lui offrira une caisse de résonance inespérée», la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) a sollicité mercredi le CSA «pour appeler des réponses à la hauteur des enjeux».

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