Tour de Lombardie: Bauke Mollema était bien le plus roublard

Tour de Lombardie: Bauke Mollema était bien le plus roublard
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Le Tour de Lombardie peut aussi sacrer un outsider. Dans cette catégorie, Bauke Mollema, au registre pourtant exploré, en particulier sur les courses par étapes, a fait très fort dans la brume naissante qui stagnait sur le lac de Côme. En éclairant la course, ce que Roglic (Jumbo-Visma) et plus encore Valverde (Movistar) démontrèrent à qui mieux mieux dans l’ascension du mur de Sormano, juge de paix intense de ce 113e Giro di Lombardia, le Hollandais de Trek a laissé faire, avec beaucoup de métier et d’intelligence, pour surgir dans les derniers hectomètres de l’avant-dernière difficulté, celle que tous les ténors redoutaient, le Civiglio.

Le maître-mot : l’audace

Mollema n’avait pourtant pas l’avantage du nombre par rapport aux formations Jumbo et Movistar bien davantage représentées mais, à l’image de ce qu’avaient tenté auparavant Wellens et Buchmann, l’audace était le maître-mot de ce Tour de Lombardie dédié à Felice Gimondi au centre de tous les hommages pendant ce week-end.

Le Néerlandais, 32 ans, n’a jamais été repris car il était tout simplement le plus fort. La réaction tardive de Valverde, l’éternel (sans doute définitivement) deuxième de cette épreuve (troisième podium pour lui) puis plus tard celle des deux grandissimes favoris, Roglic et Bernal, n’y ont rien fait. Le vainqueur de la Clasica de San Sebastian en 2017, sa seule référence sur une classique, a prolongé son effort jusqu’à l’extase de la victoire, célébrée devant des milliers de personnes sur les bords du lac de Côme où, dans l’anonymat ou presque, le maître des lieux Vincenzo Nibali s’aventura à plus de six minutes du vainqueur, devancé par… Philippe Gilbert.

Notre compatriote savait que sa dernière mission pour Deceuninck serait compliquée et ce fut le cas. « Collectivement, il n’y avait rien à dire, nous avions Jungels en tête à Sormano, j’ai résisté derrière, je me suis accroché mais lorsque les grimpeurs ont mis en route, ce fut plus compliqué », expliqua-t-il. « Je n’ai pas de regrets car il était difficile de faire mieux face à telle concurrence. »

« J’ai attaqué au bon moment »

Mollema, lui, a offert à son équipe Trek-Segafredo (que rejoindra Nibali cet hiver) une nouvelle victoire de prestige après le titre mondial conquis par Pedersen à Harrogate. « J’ai attaqué au bon moment », a simplement expliqué le Hollandais, davantage attendu sur les courses par étapes que sur les classiques. « J’ai profité, sans doute, des rivalités, mais c’était ma seule chance. »

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