13 jeunes avaient brûlé des policiers en lançant des cocktails molotov dans leur voiture: ils risquent la perpétuité

Vidéo
AFP
AFP

Pendant des semaines après l’attaque, des policiers «en colère» avaient bravé leur devoir de réserve et défilé pour exprimer leur malaise face à la «haine antiflics», une fronde spontanée et inédite dans la police.

Le 8 octobre 2016, une vingtaine de jeunes habillés de noir de la tête au pied, le visage masqué, déboulent en plein après-midi autour de deux voitures de police qui protégeaient une caméra de surveillance qui gênait des dealers, à l’entrée principale de la Grande Borne, considérée comme l’une des cités les plus difficiles de la région parisienne. Ils brisent les vitres à coups de pierres, jettent des cocktails Molotov à l’intérieur, enflammant les véhicules.

Agés de 16 à 21 ans

Dans la salle comble de la cour d’assises des mineurs d’Evry, au sud-est de Paris, devant laquelle ils sont jugés à huis clos pour tentative de meurtre, ils sont 10 jeunes, assis serrés dans le box en verre, entourés de policiers en uniformes. Trois autres, qui comparaissent libres, sont au premier rang de la salle. Agés de 16 à 21 ans à l’époque, ce sont des amis d’enfance qui pour la plupart nient avoir participé à l’attaque.

En face d’eux sur le banc des parties civiles, trois des quatre policiers blessés à Viry-Châtillon. Jenny D., queue de cheval blonde, aujourd’hui 42 ans, est en tenue. A sa droite, en civil et casquette noire sur la tête, Vincent R., 31 ans. Il avait été admis à l’hôpital entre la vie et la mort, le corps brûlé à 25%, et porte sur le visage les stigmates de l’attaque.

« Niquer les keufs »

Les 13 accusés encourent la perpétuité. Les enquêteurs estiment qu’ils avaient planifié depuis quelques jours de «niquer des keufs». Eux nient, certains reconnaissant une présence a minima, des lancers de pierres, mais jamais de cocktails Molotov. Ceux qui ont parlé se sont fait tabasser, ou ont quitté le pays.

Ce dossier «manque de preuves» et ne repose que sur «témoignages anonymes, des rumeurs et des revirements», dénoncent leurs avocats.

«Ce ne sont pas des jeunes décérébrés, pas des jeunes irresponsables», a estimé l’avocat Thibault de Montbrial, qui défend une policière. «Ce sont des criminels endurcis qui ont préparé une opération commando».

Le verdict est attendu le 6 décembre.

Notre sélection vidéo