Une quinzaine de tendeurs poursuivis devant le tribunal à Verviers

Du matériel servant à la capture des oiseaux a été retrouvé chez eux.
Du matériel servant à la capture des oiseaux a été retrouvé chez eux. - Prétexte B.T.

Le tribunal correctionnel de Verviers a entamé lundi l’examen d’un important dossier de capture et de détention d’oiseaux sauvages, dossier impliquant une quinzaine de prévenus qui doivent également répondre de faux et usage de faux ainsi que de diverses infractions techniques (bagues non-conformes, détention sans autorisation d’élevage et/ou de carnet d’identification), mais également de détention de filets japonais.

En 2014, un Disonais de 58 ans et une de ses connaissances, qui a fait l’objet d’un non-lieu, sont contrôlés à Bullange par l’Unité Anti-braconnage (UAB), laquelle découvre dans le véhicule du quinquagénaire quelques oiseaux en cage qui seront saisis.

Suite à ce contrôle, un PV sera dressé et des devoirs d’enquête supplémentaires, dont de la téléphonie, sollicités. Le dossier sera finalement mis à l’instruction et une série de perquisitions seront menées en région verviétoise et dans le Hainaut en 2016. 22 personnes seront inculpées et cinq ans après le début de l’enquête, 14 doivent répondre de capture illégale d’oiseaux sauvages ainsi que de leur détention. On leur reproche aussi d’avoir falsifié le baguage de leurs oiseaux ainsi que d’avoir élevé ceux-ci sans autorisation ou sans carnet d’identification.

« On n’est pas des criminels, on ne les tue pas »

Devant le tribunal, la plupart nient les faits les plus importants qui leur sont reprochés, expliquant n’avoir jamais falsifié les bagues ni avoir pris part à quelque trafic d’oiseaux finalement, car selon certains éléments révélés par la téléphonie ou par des documents découverts en perquisition, on comprend qu’il y a des achats ou des dons d’oiseaux capturés.

« On est avant tout des passionnés. On n’est pas des criminels, on ne les tue pas », explique cet habitant de Mettet, considéré comme un des éléments centraux du dossier, chez qui quelque 920 oiseaux ont été retrouvés. « Je faisais de l’élevage. Il y a des achats dans des bourses, il y a eu des échanges, certains oiseaux n’étaient pas bagués », admet-il reconnaissant aussi qu’il savait que certains avaient été capturés illégalement.

L’instruction d’audience fera apparaître certaines subtilités techniques permettant de détenir certaines espèces sans bague d’identification. « J’étais en ordre et cela n’a pas empêché l’UAB de saisir mes 138 oiseaux. Aujourd’hui, je fais dans les oiseaux de mutation pour éviter tout problème », explique cet éleveur malmédien.

Des méthodes de cette unité clairement dénoncées par la plupart des prévenus, certains n’hésitant pas à parler de vengeance et de méconnaissance. « On est avant tout amoureux des oiseaux, c’est comme une drogue », témoigne le Disonais contrôlé en 2014 et recontrôlé en 2017. « J’essayais d’en recapturer. Je suis dans ce milieu où tout le monde se connaît depuis que j’ai 4 ans. »

Pour preuve, le spécialiste verviétois de la tenderie, âgé aujourd’hui de 89 ans, est à nouveau poursuivi pour avoir joué les entremetteurs entre une connaissance et le prévenu originaire de Mettet. « Suite à mes nombreux problèmes, je n’ai plus d’oiseaux chez moi », a-t-il juré.

Les parties civiles et le Parquet s’exprimeront le 16 décembre prochain.

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