En ouverture du 32e festival de Namur, « Jeune Femme », la caméra d’or de Cannes : la vie précaire d’une jeune adulte dans un Paris fascinant et violent.

Léonor Serraille
Léonor Serraille - Photonews

L’histoire est celle de Paula, une jeune femme qui revient à Paris après un long séjour au Mexique et une rupture récente, sans travail ni amis. Avec les moyens du bord, elle improvise, cherche à refaire sa vie au gré des opportunités et de ses nouvelles rencontres. Mais très vite, elle se trouve confrontée aux risques de la précarité. Toutefois avec un esprit inventif et curieux ainsi qu’un peu d’humour, elle parvient à trouver la force nécessaire pour s’en sortir.

Au passage, le film reflète avec justesse ces situations précaires dans lesquelles, dans cette époque difficile (comme Léonor Serraille l’a précisé lors de la remise de sa Caméra d’or, à Cannes) se débat la jeunesse française d’aujourd’hui, tout en conservant un côté humain au personnage, teinté d’humour et de fantaisie.

Même si la réalisatrice se défend d’avoir écrit le scénario en pensant à une actrice précise, ce rôle de grande paumée un peu naïve et bordélique qui se retrouve larguée par son compagnon dans la jungle parisienne, sans personne chez qui aller, sans la moindre compétence à vendre, semble avoir été taillé sur mesure pour l’actrice Laetitia Dosch. Depuis son rôle de journaliste mère célibataire dans « La bataille de Solférino » de Justine Triet, on l’associe volontiers à des personnages de femmes-enfants, un peu fantasques.

Sa capacité à donner l’impression de n’être jamais deux fois de suite la même personne, à avoir ainsi plein de couleurs différentes à dévoiler, a séduit la réalisatrice qui l’a donc engagée pour être Paula à l’écran. Léonor Serraille confesse avoir vu en Laetitia Dosch une sorte de Patrick Dewaere au féminin, avec une énergie débordante en même temps qu’une grande fragilité intérieure.

Et puis il y a Paris, véritable personnage du film. Léonor Serraille filme une ville à la fois fascinante et violente, une ville que Paula a du mal à apprivoiser avant de s’y attacher, petit à petit, et de faire du métro, un lieu normalement de passage, un lieu qui devient un peu comme son terrier, un lieu où tout semble possible. Ou pas.

Voilà un beau regard, à la fois vrai et drôle, sur une certaine jeunesse française confrontée à la précarité dans un Paris plus réel et plus actuel que ses représentations en cartes postales.

La 32ème édition du festival de Namur se déroule du vendredi 29 septembre au vendredi 6 octobre 2017.

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