Vinz: «Pourquoi j’ai quitté NRJ… pour un nouveau projet jeunes à la RTBF»

Vinz: «Pourquoi j’ai quitté NRJ… pour un nouveau projet jeunes à la RTBF»

Vinz, parlez-nous de votre nouveau projet à la RTBF…

Mon ADN, à la base, c’est la radio. J’en fais depuis plus de 10 ans. Mais là, je suis arrivé à la fin d’un cycle. Oui, je pouvais continuer à faire ce que j’ai toujours fait sur NRJ et devenir une « star » de la radio avec mes émissions de libre-antenne. Mais avec l’utilisation actuelle des réseaux sociaux, c’est fini. Aujourd’hui, ces réseaux comme Facebook ont remplacé ces programmes de libre-antenne. D’autant qu’en radio, on ne peut plus forcément dire ce que l’on veut comme on le veut. Le CSA, même s’il ne m’a jamais condamné, scrute de plus en plus les propos des animateurs. Les jeunes vont donc trouver leurs repères ailleurs : sur YouTube et les réseaux. D’ailleurs, les jeunes, aujourd’hui, me disent qu’ils préfèrent regarder une vidéo de moi sur Instagram. Ils préfèrent ça à la radio.

Avec NRJ, ça s’est terminé en eau de boudin ?

Je peux comprendre que mon départ soit perçu comme surprenant. J’étais bien sur NRJ. Mais Tarmac m’a fait une proposition cet été. Et au début de ma réflexion, je me disais « pourquoi pas, mais pas tout de suite, dans 3 ou 4 ans peut-être ». Je prends quand même le temps de réfléchir, de peser le pour et le contre. Et je vois que Tarmac grandit bien, que c’est le média belge qui a le plus d’abonnés sur YouTube par exemple. Les chiffres de Tarmac sur les réseaux sociaux, même Facebook alors que ce n’est pas son cœur de cible, sont aussi impressionnants pour la Belgique francophone. Bref, je suis confronté à un dilemme. Tarmac me dit : « Vinz, on te veut dans la maison depuis longtemps ». Et de l’autre côté, NRJ compte sur moi et est prêt à augmenter les moyens de l’émission. Et je dois faire un choix. C’est une situation confortable et inconfortable à la fois. D’autant que j’adore NRJ et la vision de sa direction. Mais voilà… Je choisis Tarmac.

Il y a désormais de la tension entre NRJ et vous ?

Il n’y en a plus, on s’est réconcilié lors d’une très belle soirée organisée par la régie RMB en septembre… (rires). Vraiment, je ne regrette rien de mon passage sur NRJ, que du contraire. Elle est encore très écoutée et c’était une vraie bouffée d’oxygène. On a même été leaders sur les 12-65 ans ! Cela montre que le public de la libre-antenne actuelle est bien plus âgé aujourd’hui. Le constat est implacable : NRJ est de moins en moins écoutée par les jeunes. Ils ont donc vieilli leur audience, changé la programmation et ils ont raison de le faire… car ils doivent le faire ! Mais moi, je ne veux pas vieillir. Et j’ai choisi d’aller vers la jeunesse et d’animer avec des sons qui ne sont pas ceux de ma jeunesse. Et quand j’ai fait mon choix, j’en ai même vomi… Si si ! Car, vraiment, il n’y avait aucune animosité de ma part en faisant ce choix. Douze mois plus tôt, NRJ m’avait redonné ma chance et m’avait permis, de nouveau, de m’amuser en radio. Cela, je ne l’oublie pas non plus…

Autre raison qui vous a décidé à franchir le pas : le CIM que vous qualifiez de « old school »…

Oui, la base des sondages radio, ce sont les appels téléphoniques. On procédait déjà comme ça il y a 120 ans, j’exagère à peine. Ce système, il est dépassé et ne reflète pas les tendances actuelles. Pourtant, c’est ce même CIM qui me propulse en tête des audiences. Mais je ne crois plus en sa méthodologie. Je ne crois pas en ce système. Je voulais aussi sortir de ça, puisque Tarmac n’est pas disponible en FM. Je comprends que cela rassure toutes les radios et que le CIM permet de maintenir un business en place. Tant mieux. Mais pas quand ta carrière est tributaire de cela. Je préfère aller sur une plateforme où les chiffres et les statistiques sont précis. Ce qui sera le cas sur Tarmac et ses réseaux sociaux. Même si, je le sais, je sors de ma zone de confort.

Vos fans comprennent cette décision et vous suivent dans cette logique ?

Oui, j’avais fait un Live Facebook durant l’été. Il y a 10 ans, ils auraient été choqués. Mais aujourd’hui, ils s’en moquent. Ils savent où me trouver. Je n’ai plus rien fait depuis fin juin ? Ce n’est pas un souci pour eux. D’ailleurs, Olivier Duroy, qui m’a remplacé le soir sur NRJ, voulait m’inviter pour expliquer mon choix. Mais il a été surpris : personne ne m’a réclamé et s’est étonné de mon absence à l’antenne le soir. C’est normal : ils sont tous déjà au courant avec les réseaux. Ils n’attendent plus d’entendre une info à la radio. Mais je suis impatient de les retrouver (rires) !

Vous leur donnez donc rendez-vous dès ce lundi 28 octobre. Où et comment ?

De 20h à 21h du lundi au vendredi sur Tarmac. En DAB+, sur les réseaux sociaux de Tarmac, sur YouTube, sur Auvio… On ne sera pas dans un studio radio. Mais dans un studio spécial, dans une rame de métro. On pourra bouger. On ne sera pas statique. Ce sera vivant. Ce sera une émission digitale et interactive.

Donc, ce ne sera pas de la « radio filmée » ?

Non. Avec la radio filmée, la caméra, située en hauteur, joue un rôle de spectateur. Elle filme ce qu’il se passe et c’est tout. Je voulais une caméra qui soit plus interactive et omniprésente. C’est ce que nous aurons. On sera sur un vrai show avec un caméraman « flottant », un réalisateur aussi. Je pourrais aussi filmer avec une tablette… ce que la caméra ne sera pas capable de capter.

Il n’y aura pas de « replay » ou de podcast classique…

Les meilleurs moments seront disponibles en vidéos et en capsules que l’on redynamisera et que l’on condensera par après. Ce sera disponible sur toutes les plateformes sociales de Tarmac, de la RTBF et des miennes, comme ma page Facebook. Mais pas de replay intégral. Je signale aussi que mes complices Lara et Nigel me suivent… pour parler aussi de sujets tabous et faire des débats. Car, ce qui est bien aussi, c’est qu’on peut parler de sujets sérieux autrement, différemment des autres médias. Des sujets touchy qui ne sont pas forcément abordés en radio et en TV.

Comme quoi par exemple ?

Les Musulmans massacrés en Chine ! Anne-Sarah, autre animatrice de Tarmac, en a parlé différemment et ça a bien fonctionné. Il y a donc un public jeune qui s’intéresse à ces sujets ! Un média belge qui, sur ce type de sujet, provoque plus de 30.000 vues et 5-6000 commentaires, c’est impressionnant.

Un mot encore sur votre projet « NRJ School Up ». Vous allez le poursuivre avec la RTBF ?

Oui, d’autant plus que le service public a un rôle à jouer avec l’éducation. Cela fait partie de ses prérogatives. Donc, oui ! On le fera même avec plus de moyens. On ne sait pas encore sous quel nom, mais ça continue. Et pourquoi pas avec La Deux ou OufTiVi par exemple ?