En Italie, Matteo Salvini nie avoir minimisé les menaces contre une rescapée de l’Holocauste

En Italie, Matteo Salvini nie avoir minimisé les menaces contre une rescapée de l’Holocauste
Photonews

Survivante d’Auschwitz et sénatrice à vie, Mme Segre est depuis jeudi sous escorte de la police après avoir reçu plus de 200 messages haineux et menaces antisémites par jour via les réseaux sociaux.

« Etre antisémite en 2019, c’est l’affaire de malades mentaux. Je ne minimise rien, » a déclaré M. Salvini aux journalistes à Florence (nord) vendredi. La veille, il avait pourtant publié un tweet destiné à faire l’objet de controverses : « Moi aussi, je reçois des menaces tous les jours. »

M. Salvini, qui parle fréquemment des menaces proférées contre lui sur les réseaux sociaux par les critiques de sa rhétorique anti-migrants, se demandait pourquoi les menaces contre Mme Segre avaient reçu plus d’attention que celles adressées à son égard.

« Il est surréaliste qu’il y ait des menaces de mort de première et de deuxième catégorie », a-t-il réitéré vendredi.

Le Sénat italien a voté le mois dernier la création d’une commission de lutte contre « l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme et la haine » sur proposition de Mme Segre.

Mais la Ligue de M. Salvini et d’autres partis de droite se sont abstenus lors du vote, ce qui a suscité des critiques de la part des groupes antiracistes.

« Aujourd’hui encore nombre de groupes d’extrême droite continuent de célébrer la marche fasciste (de 1922) sur Rome, à rappeler avec enthousiasme les étapes du fascisme, parfois avec le soutien plus ou moins explicite de certains groupes représentés au Parlement, » a déclaré Mme Segre au Corriere della Sera vendredi.

Dans le même journal, l’éditorialiste Pierluigi Battista a écrit qu’il est « impossible de dominer un sentiment de dégoût en apprenant que Liliana Segre est obligée de se déplacer escortée pour se défendre des menaces d’un groupe de voyous antisémites ». « Nous sommes tous l’escorte de la police, » a titré vendredi le quotidien de gauche La Repubblica.

Le Centre Simon Wiesenthal de Jérusalem a tweeté que « c’est une honte pour l’Italie qu’un survivant de l’Holocauste soit ainsi attaqué sur Internet ».

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