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Décès d’Anitha: une amende requise contre le Foyer schaerbeekois

Anitha a péri en tentant d’échapper aux flammes.
Anitha a péri en tentant d’échapper aux flammes. - D.R.

Le procès se poursuivra mardi prochain à 9h avec les plaidoiries de la défense.

Dans l’appartement où s’est déclaré l’incendie, une jeune mère enceinte de son quatrième enfant, Anitha, a trouvé la mort en se défenestrant pour tenter d’échapper aux flammes. Son mari, lui aussi présent, avait pu s’extirper de l’appartement après avoir sauvé leurs trois enfants. Deux d’entre eux ont toutefois été gravement brûlés. Le Foyer schaerbeekois, une Société Immobilière de Service Public (SISP), a été renvoyé en correctionnelle, en tant que personne morale, pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution, coups et blessures involontaires et incendie involontaire. Sa responsabilité est mise en cause du fait qu’il n’avait pas changé en 2015 l’ensemble des détecteurs de fumées placés en 2005, leur durée de vie étant de 10 ans.

L’audience s’est ouverte mardi matin avec la seconde partie des plaidoiries de la partie civile. « Chacun cherche à diluer sa responsabilité dans ce dossier », a estimé Me Olivier Martins, en ciblant plus particulièrement le président du Conseil d’administration du Foyer schaerbeekois et le bourgmestre Bernard Clerfayt.

(L’immeuble du Foyer schaerbeekois, rue Sévrin/D.L.L.)

« Dire qu’il n’y a pas de lien de causalité entre les défauts de détecteurs et la mort de sa femme et les blessures de ses enfants est contraire à la réalité », a-t-il ajouté. Me Alexandra Benoit a quant à elle souligné le défaut de réparation et d’entretien en revenant sur le marché public pour obtenir de nouveaux détecteurs, qu’elle juge tardif étant donné les délais de procédure et les temps d’installation nécessaires. Elle a de plus relevé dans les témoignages des locataires de nombreux problèmes électriques et d’autres liés à l’eau. Elle a conclu en demandant 2.600 euros de dédommagement pour l’absence de logement jusqu’au 7 février 2017, 15.000 euros pour les meubles, 4.000 euros pour le débat précipité et le traumatisme ainsi que 5.000 euros pour les enfants.

Un seul détecteur s’est déclenché

Le procureur a lui estimé que si la guirlande en cause n’était pas faite pour fonctionner 24 heures sur 24, cela ne fait pas disparaître la responsabilité du Foyer schaerbeekois. Il a remarqué que seul un détecteur s’était déclenché dans tout l’immeuble lors de l’incendie et a pointé un défaut de prévoyance ou de précaution. Il est lui aussi revenu sur des témoignages de locataires, qui faisaient état de la présence de rats, de cafards et de pigeons qui entraient dans le grenier aux endroits où les tuiles du toit étaient manquantes, ce qui causait par ailleurs des infiltrations d’eau.

Il a ajouté qu’il y avait des manquements au niveau de la communication envers les locataires. Il a encore mis en évidence qu’il n’était pas possible pour ces derniers de simplement changer les piles sur ce type de détecteurs. Il a estimé que si un détecteur de fumée fonctionnel avait été présent dans l’appartement, les victimes s’en seraient sorties indemnes, en faisant valoir dans la première déclaration du mari que le feu était déjà dans une phase de croissance à son réveil, en remarquant dans le rapport de l’expert désigné par le parquet que ce type de feu avait une croissance lente qui produisait dans un premier temps une quantité importante de fumée et en relevant dans les témoignages de locataires que de la simple fumée de cuisine déclenchait les détecteurs quand ils étaient encore en état de fonctionnement. « Ces détecteurs émettent un bruit strident fait pour réveiller un adulte de manière immédiate », a ajouté le procureur. « Entre le déclenchement de l’alarme et la sortie de la famille saine et sauve de l’appartement, cela aurait pris extrêmement peu de temps. ».

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