Nethys: Stéphane Moreau est parti avec un jackpot de 11,6 millions d’euros!

Nethys: Stéphane Moreau est parti avec un jackpot de 11,6 millions d’euros!

Selon une information de nos confrères du « Soir », qui ont pu se procurer des éléments du rapport du nouveau manager ad interim de Nethys, Renaud Witmeur, envoyé ce mercredi à l’administration wallonne et à Enodia (ex Publifin), les indemnités versées aux anciens managers du groupe atteignent la somme de 18,6 millions d’euros en tout. Cette somme a été répartie entre 4 membres du management, dont Stéphane Moreau, qui s’en sort avec la plus grosse part : 11,6 millions d’euros.

Ces indemnités ont été distribuées en deux temps, toujours selon le rapport consulté par « Le Soir ». Une première fois le 22 mai 2018 : 14,7 millions partagés entre quatre managers, Pol Heyse, Bénédicte Bayer, Diego Aquilina, et Stéphane Moreau (dont 8,6 millions pour ce dernier). Une seconde fois, le 21 mai 2019, où Stéphane Moreau, Paul Heyse et Bénédicte Bayer se sont partagé des bonus d’un montant total de 3,9 millions, dont 3 millions pour l’ancien bourgmestre d’Ans.

Soit 11,6 millions en tout pour Stéphane Moreau.

Les informations envoyées au juge d’instruction

Le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), a reçu, mercredi soir, les informations relatives aux indemnités octroyées aux anciens membres du comité de direction de Nethys. Elles ont été transmises dans la foulée au juge d’instruction afin d’être versées au dossier de la procédure judiciaire en cours. Quant à l’administration, elle va se pencher sur l’opportunité d’annuler les décisions prises en la matière, indique M. Dermagne.

Il ressort des informations reçues que le comité de nomination et de rémunération du groupe a décidé, en date du 22 mai 2018, du principe de verser des indemnités dites ’de rétention’, soit des indemnités présentées comme nécessaires pour éviter le départ des intéressés vers le privé, lors de l’entrée en vigueur du décret gouvernance visant à limiter les rémunérations des dirigeants d’entreprises publiques sous tutelle régionale, explique le ministre.

« Ce même comité a décidé, le 21 mai 2019, de liquider aux anciens membres du comité de direction les montants dus aux intéressés depuis mai 2018 au titre de rémunération variable, alors même que ces bonus dépassaient le plafond fixé par le décret entré en vigueur, sous l’argument que ceux-ci étaient liés aux résultats d’exercices antérieurs à son adoption », poursuit-il en assurant vouloir « faire la lumière sur les sommes versées, les procédés utilisés et la légalité de ceux-ci ».

Le ministre a donc chargé son administration d’analyser en profondeur l’ensemble des documents transmis. « Sur cette base, elle pourra juger de l’opportunité de formuler une proposition d’annulation de ces décisions », avertit-il.

Parallèlement, les pièces ont été envoyées au juge d’instruction pour qu’elles soient versées au dossier de la procédure judiciaire en cours.

« J’attends aussi que les responsables d’Enodia prennent toutes leurs responsabilités. Il leur appartient de défendre les intérêts de la société et de ses actionnaires en utilisant toutes les voies de droit », conclut Pierre-Yves Dermagne.

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