Cour d’assises: Mohamed Boughaiout présente une personnalité psychopathique

L’accusé présente une personnalité psychopathique.
L’accusé présente une personnalité psychopathique. - Belga

Mohamed Boughaiout (33 ans) est accusé d’avoir tué sa mère âgée de 62 ans le matin du 20 octobre 2017 à Liège. Le corps de Fatima El Mezouar avait été découvert le lendemain des faits, plongé dans un ruisseau de la commune de Stoumont.

Le psychologue Laurent Devoitille qui a réalisé l’examen psychologique de l’accusé a souligné qu’il s’était montré détaché par rapport aux faits et peu collaborant lors de l’expertise. Mohamed Boughaiout est immature et a du mal à gérer ses émotions. Il est d’un niveau d’intelligence moyen. Mais il représente, selon l’expert, un cas d’école sur le plan de la personnalité antisociale. « Il présente tous les signes particuliers qui déterminent une personnalité clairement psychopathique », a indiqué l’expert psychologue.

Le psychiatre Gérard Charles a aussi souligné le détachement affectif de Mohamed Boughaiout et son manque d’émotion. « Il ne présente pas de trouble mental qui l’empêche de mesurer la portée de ses actes. Il sait ce qu’il fait et dans quel but », a indiqué le psychiatre en confirmant le diagnostic relevant la psychopathie de l’accusé.

Les experts ont également évoqué les qualités de manipulateur de Mohamed Boughaiout et sur son côté insensible. « L’accusé dit à son interlocuteur ce qu’il a envie d’entendre », a souligné le psychologue. Le dossier a par ailleurs démontré que Mohamed Boughaiout avait falsifié un diplôme pour entrer à l’université, qu’il avait simulé une agression et qu’il s’était inventé une maladie grave.

Après sa dernière condamnation, Mohamed Boughaiout avait bénéficié d’une mesure de détention sous bracelet électronique en mai 2017. Il avait entamé une formation dans une Asbl. Les mesures liées à sa surveillance ont entraîné des retours positifs. Selon l’assistante de justice chargée de l’encadrer, Mohamed Boughaiout affichait une attitude positive et motivée face à l’apprentissage, même s’il manquait parfois de régularité. L’homme se montrait taiseux lors des entretiens mais il n’était pas agressif et il était respectueux.

Selon l’assistante de justice, Mohamed Boughaiout était accompagné de sa mère au début du mois d’octobre lors des rendez-vous. La dame parlait de la honte qu’elle avait face aux faits qu’il avait commis antérieurement par rapport au reste de sa famille qui vivait en Algérie. Fatima El Mezouar souhaitait que son fils construise quelque chose et prenne son indépendance. Elle voulait aider Mohamed Boughaiout à s’en sortir.

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