France: 300 personnes ont marché en mémoire de Sylvia, tuée par son mari il y a une semaine

France: 300 personnes ont marché en mémoire de Sylvia, tuée par son mari il y a une semaine
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Le cortège, parti vers 10H00 de la mairie de la petite commune de quelque 3.000 habitants, située à une trentaine de kilomètres au nord de Strasbourg, a rejoint l’immeuble où cette assistante de service hospitalier avait perdu la vie aux environs de 23H00, une semaine plus tôt.

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Avant de quitter les lieux, nombre de participants ont déposé des roses. Derrière une grande banderole où il était inscrit « Repose en paix, on ne t’oublie pas Sylvia. Justice sera faite », marchait, les yeux rougis, la fille de la victime, Stella, 20 ans, qui n’a pas souhaité s’exprimer.

Christine, habitante de Bischwiller, ne connaissait pas la victime mais elle est venue soutenir sa famille. « Cela ne devrait plus se produire en 2019 qu’une femme se fasse assassiner comme ça », a-t-elle déploré, critiquant les gendarmes.

Arrêté dès dimanche au domicile du couple, le mari de Sylvia Auchter, dont elle avait demandé le divorce, a été mis en examen mardi pour « meurtre sur conjoint » et placé en détention provisoire.

Les secours n’avaient pu que constater le décès de sa femme, retrouvée devant la baie vitrée de leur salon, selon le parquet. La victime avait déposé en octobre une plainte à l’encontre de son conjoint, âgé de 58 ans, et qui devait répondre à une convocation judiciaire en décembre.

Critiquée par la fille de Sylvia Auchter qui estime que les avertissements de sa mère n’ont pas été entendus et déplore le délai d’intervention des gendarmes, la Gendarmerie nationale a confié à son inspection générale, l’IGGN, « un audit sur l’ensemble de l’intervention ».

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En 2018, 121 femmes ont été tuées lors de violences conjugales en France, selon le ministère de l’Intérieur.

Selon un décompte non officiel réalisé par des associations, 131 féminicides ont déjà été dénombrés en 2019, un nombre inscrit sur la banderole tenue en tête de la marche.

« Ce n’est pas une fatalité, ça suffit. Maintenant il faut des actes et des moyens. On n’est plus au temps du constat », a réclamé lors de cette marche Barbara Rimlinger, de l’association Osez-le-féminisme.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a reconnu vendredi que le système de protection des femmes victimes de violences conjugales « ne fonctionnait pas ».

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