RDC: Décès de l’un des derniers musiciens créateurs de la chanson «Indépendance cha cha»

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Le groupe African Jazz dans les années 60
Le groupe African Jazz dans les années 60 - AFP

L’ancien guitariste Armando Mwango Fwadi-Maya, alias Brazzos, est décédé le 9 octobre dernier à l’âge de 85 ans à son domicile, dans la commune de Bandalungwa, à Kinshasa, après une longue maladie et dans le dénuement, selon la presse congolaise.

Il a été inhumé lundi à la nécropole Entre terre et ciel, dans la commune de N’Sele, à l’issue d’une cérémonie funèbre dans la commune kinoise de Gombe, au cours de laquelle il a été décoré de la médaille d’or du mérite des arts, sciences et lettres.

Plusieurs personnalités politiques, des artistes, des opérateurs et des chroniqueurs culturels ont participé à cette manifestation, pour rendre hommage à l’un des derniers du groupe des musiciens ayant chanté début 1960 à la Table ronde de Bruxelles qui avait conduit à l’indépendance du Congo belge le 30 juin suivant.

Le groupe African Jazz avait rejoint à Bruxelles la délégation congolaise qui avait négocié de l’indépendance de la colonie pour « distraire » ses membres.

La chanson, improvisée et chantée en lingala, affirme « Indépendance cha cha, tozuwi ye » (« Indépendance cha cha, nous l’avons obtenue/Nous voici enfin libres /A la Table ronde, nous avons gagné /Vive l’indépendance que nous avons gagnée »).

Le nom des principaux leaders politiques est honoré dans la chanson : le futur premier président Joseph Kasavubu, son éphémère et légendaire Premier ministre, Patrice Emery Lumumba, le Katangais Moïse Tshombé…

Elle avait été jouée pour la première fois le 27 janvier 1960 – la date à laquelle la Table ronde a fixé la date de l’indépendance au 30 juin – à l’hôtel Plaza à Bruxelles, selon le journaliste Francois Ryckmans, qui cite deux musiciens d’Africa Jazz dans son livre « Mémoires noires. Les Congolais racontent le Congo belge 1940-1960 ».

Selon l’ACP (officielle), le seul musicien du groupe African Jazz – fondé en 1953 par Joseph Kabasele Tshamala, alias Grand Kallé, qui avait eu le génie d’électrifier la rumba – encore en vie est le percussionniste Pierre Yantula Bobina, alias Petit Pierre.

Il a exprimé ses regrets quant à la disparition de son coéquipier. Il a profité de l’occasion pour évoquer le non-paiement jusqu’à ce jour de droits d’auteur de leurs anciens titres dont « Indépendance cha cha », devenue l’hymne de l’émancipation de tout le continent noir, selon l’écrivain Alain Mabanckou.

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