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Les Infirmiers de rue demandent une gestion durable du sans-abrisme pour le «plan hiver»

Les Infirmiers de rue demandent une gestion durable du sans-abrisme pour le «plan hiver»
Belga

Si le plan hiver mis en œuvre est considéré comme une bonne chose par l’association étant donné qu’il s’agit d’une saison particulièrement dangereuse pour les personnes vivant en rue, elle estime important de sortir de cette approche d’urgence et de crise pour entrer dans une gestion durable, qui inclut un travail préventif et des moyens conséquents accordés à la transition vers un logement.

« On dirait que la société ne veut pas croire qu’on puisse sortir les gens de la rue de façon durable, mais notre travail montre que c’est possible, même pour les sans-abri les plus vulnérables », défend Koen Van den Broeck, porte-parole de l’ASBL Infirmiers de rue. « On constate que plus d’un tiers de nos patients ont des troubles mentaux et psychiatriques, ce qui questionne notre système de prise en charge de la santé mentale. Je ne sais pas ce qui coince à ce niveau, mais il est sûr qu’on ne peut généralement pas obliger quelqu’un à se soigner. À notre niveau, on remarque qu’en prenant son temps avec une personne, on arrive à lui faire prendre conscience de son problème. Pour des gens autorisés à rester un certain temps à l’hôpital, il arrive que rien ne soit prévu par après et on reçoit alors des appels pour nous prévenir de la sortie d’un patient afin qu’on le prenne en charge ».

Pour le retour à une vie normale, il pointe comme obstacles la désocialisation et l’isolement, le manque d’attention portée à leur santé et l’usage d’alcool et de drogues, autant de problèmes qui s’aggravent sur la durée. « On avance à petits pas avec eux et ça peut prendre des mois voire des années », commente Koen Van den Broeck.

Pour la réinsertion dans la société, il explique qu’un travail est fait pour essayer de trouver des logements aux sans-abri prêts à se sortir de la rue. S’il existe une offre d’urgence en dortoirs, il estime qu’il manque des logements transitoires destinés à un public précarisé : « On expérimente actuellement des petites maisons préfabriquées modulables de la taille d’un studio qui peuvent être posées sur des friches. À l’été 2018, on a mis 2 de ces modules pour tout du moins deux ans près du pont Van Praet. On travaille aujourd’hui à développer ce projet au niveau de la porte d’Anderlecht ».

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