Abonnez-vous pour 1€

Mouvement de contestation en Irak: 15 nouveaux manifestants tués à Nassiriya dans des confrontations avec les forces de l’ordre

Photos
Mouvement de contestation en Irak: 15 nouveaux manifestants tués à Nassiriya dans des confrontations avec les forces de l’ordre
AFP

Ces violences ont lieu alors que le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a annoncé vendredi qu’il allait démissionner comme l’a réclamé le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique dans le pays, après deux mois de contestation à Bagdad et dans le Sud chiite marquée par plus de 400 morts.

AFP

L’Irak fait face depuis deux mois à un mouvement de contestation contre le pouvoir et son parrain iranien qui a déjà fait plus de 400 morts et des milliers de blessés, principalement des manifestants.

Voici ses principales étapes :

Le 1er octobre, plus d’un millier de manifestants se rassemblent à Bagdad et dans le Sud contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics.

Déclenchées par des appels sur les réseaux sociaux, les manifestations sont dispersées avec des canons à eau, des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc, puis par des tirs à balles réelles.

Les autorités referment le lendemain la Zone verte à Bagdad, où siègent les plus hautes institutions et l’ambassade américaine. Un couvre-feu est instauré.

AFP

Le 3, à Bagdad, les blindés des forces spéciales repoussent la foule, les forces de l’ordre tirent sur le sol des balles qui ricochent sur les manifestants.

Internet est coupé dans une grande partie du pays.

Les forces de sécurité accusent des « snipers non identifiés » d’avoir tiré sur elles et sur les manifestants.

L’influent leader chiite Moqtada Sadr appelle à « des élections anticipées sous supervision de l’ONU ».

AFP

Le 6, le gouvernement annonce des mesures sociales, allant de l’aide au logement à l’allocation de pensions aux jeunes sans emploi.

Le 24, les manifestations réclamant « la chute du régime » reprennent, à la veille du premier anniversaire de l’entrée en fonction du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi.

En 48 heures, au moins 63 personnes sont tuées, la majorité dans le Sud, où les manifestants ont attaqué ou incendié des QG de partis, de responsables et de groupes armés.

Le 26, l’ONU accuse « des entités armées » de chercher « à saboter les manifestations pacifiques ».

Reuters

Le 28, étudiants et élèves envahissent les rues de Bagdad et de villes du Sud. Les syndicats des enseignants et des avocats annoncent des grèves.

Des milliers d’Irakiens bravent le couvre-feu à Bagdad.

Le 30, le guide suprême d’Iran Ali Khamenei appelle à « répondre à l’insécurité » en Irak.

Le 1er novembre, la plus haute autorité chiite d’Irak, le grand ayatollah Ali Sistani, met en garde contre les ingérences.

Le 3, dans la nuit, quatre manifestants sont tués alors qu’ils tentaient d’incendier la représentation diplomatique de l’Iran à Kerbala, au sud de Bagdad. Le 4, les forces de sécurité tirent à balles réelles sur les manifestants dans la capitale.

AFP

Le lendemain, Adel Abdel Mahdi juge irréalisable une proposition du président de tenir des élections anticipées.

Le 9, après des réunions sous l’égide du puissant général iranien Qassem Soleimani, les partis au pouvoir se mettent d’accord pour maintenir le gouvernement Abdel Mahdi en place et en finir avec la contestation, quitte à recourir à la force.

Le 17, des milliers d’Irakiens envahissent les rues à travers le pays, répondant à un appel à la grève générale. A Bagdad, les manifestants élargissent leur sit-in.

La désobéissance civile s’amplifie le 24 dans le Sud. A Nassiriya, les écoles et des administrations sont fermées, de même qu’à Hilla, Diwaniya, Najaf, Kout, Amara et Bassora.

Reuters

Le 27, des manifestants incendient le consulat d’Iran à Najaf. Des centaines de jeunes crient « Iran dehors » et « victoire à l’Irak » à l’intérieur du complexe.

Le 28, le Sud s’embrase avec une répression menée par des commandants militaires dépêchés par Bagdad, qui reculent dans le chaos. 46 manifestants sont tués et près d’un millier blessés, dont au moins 25 à Nassiriya.

Dans cette ville, des combattants tribaux sortent pour protéger les manifestants, alors que des hommes en civil tirent sur la foule à Najaf.

« Le bain de sang doit cesser », affirme Amnesty International, qui évoque des « scènes de guerre » à Nassiriya.

Reuters

Le 29, Ali Sistani appelle le Parlement à retirer sa confiance au gouvernement pour éviter le « chaos ».

Quelques heures plus tard, Adel Abdel Mahdi annonce qu’il va présenter sa démission au Parlement. Aussitôt, sur la place Tahrir de Bagdad, la foule explose de joie.

Dans le Sud, sept manifestants sont tués par la police à Nassiriya et un est abattu par des tirs d’hommes en civil à Najaf.

Notre sélection vidéo