Nathalie et Romaric, un couple d’éleveurs, condamnés à cause du bruit et de l’odeur de leurs cochons: «On se demande comment on va pouvoir payer»

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Le nouveau bâtiment, sur la commune d’Emerchicourt, leur a coûté 100.000 €
Le nouveau bâtiment, sur la commune d’Emerchicourt, leur a coûté 100.000 € - VDN

Les cochons ont dû déménager un peu plus loin, dans une porcherie toute neuve, au milieu de nulle part. « Qui nous a coûté 100 000 €  », précisent Nathalie et Romaric Delval, un couple de trentenaires parents de deux enfants du nord de la France, à La Voix du Nord. L’exil n’était pas prévu. Peu après son installation, en janvier 2017, Nathalie, l’exploitante, a fait construire un bâtiment pour y mettre les vaches. Montant : 168.000 €. Autant dire qu’ils n’étaient pas dans leurs projets de déplacer les porcs. Une décision de justice en a décidé autrement.

Fin 2016, leur voisine les a attaqués en justice pour nuisances olfactives et sonores des cochons. « Nos voisins sont arrivés en 1988. Tout allait bien  », dit Jean-Claude Delval, le père. Au-delà des nuisances olfactives, c’est le fait de ne pouvoir valoriser, en la lotissant, une friche de 5 000 m2, contiguë à l’exploitation agricole, qui serait plutôt à l’origine de ce différend.

« On se demande comment on va pouvoir payer »

Le 31 mars 2017, le juge les condamne à faire cesser les troubles anormaux de voisinage dans les quatre mois en déplaçant la porcherie. L’astreinte est de 200 € par jour de retard. Un délai trop court pour faire les plans, déposer le permis de construire, effectuer les démarches auprès des banques, faire soi-même les travaux. Suit un appel. L’astreinte est confirmée. Le délai est ramené à trois mois.

Arrive le pourvoi en cassation. En mai 2018, le juge de l’exécution prend acte de la bonne volonté du couple en le condamnant à 2 500 € d’amende. Insatisfait, le plaignant fait appel et obtient gain de cause : les éleveurs doivent payer 58.700 € de pénalité de retard.

« Voir qu’on a une amende de 58 000 euros à payer, alors qu’on a fait tous les investissements, c’est dur. On se demande comment on va pouvoir payer  », souffle Nathalie à France Bleu.

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