Atteinte d’une maladie qui l’empêchait d’uriner, elle vit désormais avec une poche à urine: «J’avais l’impression que ma vessie allait exploser»

Atteinte d’une maladie qui l’empêchait d’uriner, elle vit désormais avec une poche à urine: «J’avais l’impression que ma vessie allait exploser»
Illustration Isopix

C’est un quotidien qui était devenu insoutenable pour Pollyana Love. La jeune femme, incapable d’uriner convenablement depuis cinq ans, était également sévèrement ballonnée, tant et si bien qu’elle avait l’air d’une femme enceinte. Les médecins ont fini par lui diagnostiquer le syndrome de Fowler, qui lui a carrément donné par moments des spasmes, comme si elle était sur le point d’accoucher.

> Toutes les photos de la jeune femme sont à voir sur le site du Sun.

À l’âge de 24 ans, Pollyana a estimé que la seule décision vivable était de retirer sa vessie et de vivre avec une poche à urine. Désormais, elle souhaite partager son histoire pour sensibiliser les gens à sa cause. Depuis l’âge de 4 ans, elle a été confrontée à des problèmes d’infections, ayant souvent une sensation de brûlures lorsqu’elle tentait d’uriner. Les docteurs lui donnaient systématiquement des antibiotiques qui étaient efficaces sur le moment, mais qui ne guérissaient pas les symptômes sur le long terme.

« Pendant des années, j’avais cette sensation de devoir uriner, sans être capable de sortir plus que quelques gouttes », explique-t-elle. Cette condition lui cause d’ailleurs des problèmes à l’école, car elle doit se rendre aux toilettes extrêmement souvent et est donc obligée de porter des couches. « J’étais gênée et je me sentais dégoûtante. Je n’osais parler à personne de mes problèmes et cela a beaucoup affecté ma confiance moi. »

Une vessie à deux doigts d’exploser

Au cours de son adolescence, Pollyana enchaîne les tests et les complications médicales, sans que personne ne décèle ce qui se passait mal chez elle. En mars 2014, alors qu’elle est au travail, elle réalise qu’elle ne se souvient pas à quand remonte la dernière fois qu’elle a uriné. Elle est tellement ballonnée qu’elle a l’air enceinte de neuf mois. Ses collègues appellent une ambulance et un scanner révèle à quel point la vessie de Pollyana est dangereusement remplie.

Les médecins drainent trois litres d’urine, soit six fois ce qu’un adulte contient généralement dans sa vessie. « Ma vessie était à deux doigts d’exploser. Personne ne comprenait pourquoi je n’arrivais pas à uriner », témoigne-t-elle, expliquant également la douleur qu’elle ressent au moment des faits. On lui diagnostique finalement le syndrome de Fowler en juin 2014, qui empêche le sphincter des femmes de 20-30 ans de se détendre, ce qui empêche d’uriner normalement. « Ça a été un soulagement de savoir de quoi j’étais atteinte, car je finissais par penser que c’était psychologique » poursuit-elle.

Des interventions à répétition

En septembre 2014, elle subit une douleur qu’elle n’avait jamais ressentie et est emmenée d’urgence à l’hôpital, où on ne sait pas trop comment soulager la jeune femme. Dans les mois qui suivent, les allées et venues se succèdent à l’hôpital. Les médecins lui proposent une opération pour créer une autre sortie pour son urine en ouvrant son abdomen, ce que Pollyana accepte. Cette intervention durera six heures en février 2015. Le problème ne s’arrange toujours pas et en juillet 2018, elle décide finalement de se faire retirer sa vessie.

Désormais, elle vit avec une poche à urine et, même si elle en est parfois gênée, elle estime qu’il s’agit de la meilleure décision de sa vie. Malgré le positif, elle souffre encore de douleurs au rein, car ces organes ont été endommagés par les multiples infections. Elle urge les personnes qui vivent une expérience de près ou de loin similaire à aller voir leur médecin.

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