Retraites en France: un compromis en vue mais pas d’arrêt immédiat de la grève

Retraites en France: un compromis en vue mais pas d’arrêt immédiat de la grève
Photonews

Les Franciliens qui endurent des difficultés de transport depuis 39 jours risquent d’avoir à patienter: l’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires et organisations de jeunesse) appelle à poursuivre le mouvement et à défiler le 16 janvier pour la sixième fois depuis le début du conflit le 5 décembre.

Certes, les «réformistes», opposés à l’âge pivot mais favorables au nouveau système à points (CFDT, Unsa et CFTC) ont saisi la main tendue par le gouvernement, mais les «contestataires» fers de lance des grèves, CGT, FO et Solidaires ne cèdent pas un pouce pour l’instant, malgré l’appel de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, dimanche sur BFMTV, pour qui «il n’y a plus aucune raison que ce mouvement de grève se poursuive».

«Malheureusement il faut pas raconter d’histoires aux usagers, ça va encore être la galère lundi», a lancé sur LCI Olivier Terriot de la CGT RATP.

Sur TF1, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez avait minimisé la veille l’impact de l’entrée en négociation de la CFDT et de l’Unsa: «On verra ce que disent les cheminots de la CFDT et les agents de la RATP de l’Unsa !» a-t-il lancé, soulignant que «le retrait (du projet de loi) reste l’exigence majeure d’une majorité de syndicats qui représentent une majorité de salariés».

Si pour Fabien Villedieu (Sud Rail), l’annonce du gouvernement va «rebooster» la détermination des grévistes, l’arrivée des feuilles de paye de janvier risque bien de refroidir certains salariés.

«On voit bien que des collègues veulent reprendre le travail», constatait, désabusé, un agent de la ligne 2 rencontré par l’AFP dans la manifestation de samedi. «Ça va être compliqué de continuer sur le plan financier». «Ça pourrait continuer s’il y avait un engagement national, mais on voit bien que le privé n’a pas suivi».

Les assemblées générales de lundi donneront une indication sur la poursuite du mouvement à la SNCF et à la RATP.

Les manifestations de jeudi prochain seront aussi un test, alors que l’affluence décroit dans la rue: samedi, les manifestants étaient 149.000 selon le ministère de l’Intérieur, 500.000 d’après la CGT, soit un tiers de la participation de jeudi 9 (452.000 à 1,7 million).

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