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Le procès historique en faveur de la destitution du président Donald Trump devrait commencer le 21 janvier 2020

Le procès historique en faveur de la destitution du président Donald Trump devrait commencer le 21 janvier 2020
AFP

Des « étapes préliminaires », comme la prestation de serment des sénateurs devant le chef de la Cour suprême chargé de superviser les débats, pourraient avoir lieu dès la fin de cette semaine, a-t-il précisé lors d’un échange avec la presse.

Dans un vote historique, la chambre basse, contrôlée par les démocrates, avait adopté le 18 décembre deux chefs d’accusation contre le milliardaire : abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

La chef démocrate de la Chambre Nancy Pelosi avait ensuite tardé à transmettre l’acte d’accusation au Sénat, aux mains des républicains, dans l’espoir d’obtenir des garanties sur l’organisation d’un procès « équitable » à la chambre haute.

Mardi, à l’issue d’une réunion à huis clos avec ses élus, elle a finalement annoncé que ce document serait transmis dès le lendemain, après un ultime vote en séance plénière à la Chambre.

Le chef républicain du Sénat Mitch McConnell a alors fait savoir qu’il engagerait « selon toute probabilité » avant la fin de la semaine les « démarches préliminaires » à l’ouverture du procès, dont la prestation de serment des sénateurs devant le chef de la Cour suprême des Etats-Unis John Roberts.

« Nous espérons y parvenir de manière consensuelle, ce qui permettrait de commencer véritablement le procès mardi prochain », a ajouté ce fidèle soutien de Donald Trump, déterminé à sortir au plus vite le président de cette passe difficile.

« Faits graves »

Après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999, « le Sénat va entamer le troisième procès en destitution d’un président en exercice », a souligné le chef de la minorité démocrate de la chambre haute, Chuck Schumer, en rappelant que les faits reprochés à Donald Trump étaient « graves ».

L’opposition est convaincue que le président a usé des moyens de l’Etat pour faire pression sur l’Ukraine afin qu’elle enquête sur le démocrate Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle de novembre.

Ils l’accusent notamment d’avoir gelé une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec son voisin russe, afin de parvenir à ses fins.

Les républicains, qui font bloc autour de Donald Trump, dénoncent eux une « chasse aux sorcières » sans fondement nourrie selon eux par l’aversion de l’opposition pour ce président atypique.

Les démocrates, qui peuvent compter sur 47 voix (sur 100) au Sénat, sont conscients qu’ils n’ont quasiment aucune chance d’obtenir la destitution de l’ancien homme d’affaires new-yorkais, une majorité des deux tiers étant nécessaire.

Mais ils espèrent faire émerger des informations embarrassantes pour le locataire de la Maison Blanche. Ils réclament notamment la convocation de quatre proches conseillers de Donald Trump à qui l’exécutif avait interdit de participer à l’enquête de la Chambre.

« Non-lieu »

L’un d’eux, John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale, s’est dit prêt à répondre à une convocation au Sénat. Mais la question a été reléguée à plus tard par Mitch McConnell et un consensus n’est pas garanti.

Sans témoins ni documents additionnels, « le procès au Sénat deviendra une farce, une réunion télévisée pour un procès fictif », a mis en garde Chuck Schumer.

« Le président et les sénateurs devront rendre des comptes », a pour sa part estimé Mme Pelosi, accusant Mitch McConnell de s’être « rallié à l’idée d’une résolution sur un non-lieu ».

Donald Trump a caressé lundi l’hypothèse d’un vote des sénateurs pour refermer le dossier sans même entendre les arguments des parties.

« Beaucoup pensent qu’organiser un procès sans preuve, ni crime (…) plutôt que de prononcer un non-lieu donne du crédit à la chasse aux sorcières des démocrates », a-t-il tweeté.

« Un non-lieu étoufferait l’affaire », a rétorqué Mme Pelosi. « Les Américains méritent la vérité et la Constitution impose un procès ».

M. McConnell a toutefois rejeté les accusations de sa rivale. « Il y a peu ou pas de soutien pour une résolution sur un non-lieu. Nous avons pour obligation d’entendre les arguments » des parties, a-t-il lui aussi estimé.

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