Vers un rapatriement général des enfants de djihadistes en Syrie

Vidéo
Le ministre Goffin, dans les locaux de la Mission permanente de Belgique auprès des Nations unies, au 41e étage d’un building de NY.
Le ministre Goffin, dans les locaux de la Mission permanente de Belgique auprès des Nations unies, au 41e étage d’un building de NY.

Philippe Goffin, le ministre des Affaires étrangères, est actuellement en mission à New York, dans le cadre de la présidence belge du Conseil de sécurité des Nations unies. En effet, en ce mois de février, c’est notre petit pays qui préside l’organe exécutif de l’ONU. Un rôle prestigieux sur la scène internationale pour la Belgique. C’est pourquoi le Roi et la Reine ont également fait le déplacement jusqu’à New York.

Lundi, Philippe Goffin a ainsi rencontré le Secrétaire général adjoint, conseiller juridique des Nations Unies. Ainsi que le responsable du département de l’appui opérationnel des Nations unies. L’occasion, notamment, pour la délégation belge de rappeler la volonté « claire et ferme de l’État belge de mettre en œuvre un rapatriement généralisé des enfants de djihadistes présents en Syrie », a expliqué Philippe Goffin. Et le ministre des Affaires étrangères de préciser : « Et donc pas uniquement des enfants dont les mères ont introduit un recours en justice ! »

La séparation des enfants et de leurs mères

Selon le ministre, « l’annonce faite dernièrement par les Kurdes de Syrie de vouloir juger rapidement les personnes qui se sont rendues coupables de crimes sur le territoire », pourrait accélérer le processus. En effet, l’administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est a fait savoir, début février, qu’elle jugera les combattants étrangers de l’État islamique à partir du printemps 2020, que leurs gouvernements participent ou non à ce processus.

« Ça peut être interprété implicitement, éventuellement, comme un accord de la part des Kurdes syriens d’envisager la séparation des enfants de leurs mères, pour autant que les mères soient d’accord », interprète Philippe Goffin, avec une extrême prudence.

Et de rappeler : « Nous avons utilisé en séance plénière des termes très précis considérant que dans le chef des mères, le fait de ne pas accepter de se séparer de leur enfant, constitue en soi une sorte de prise d’otage. Et ce, car les conditions de vie dans ses camps sont totalement inhumaines. On ne comprendrait pas qu’elles n’acceptent pas de mettre leurs enfants dans des conditions plus décentes. »

Au total, 42 enfants de moins de 10 ans seraient concernés, « sous réserve de vérifications effectives », précise le ministre.

Un petit pays efficace

À la question d’un journaliste sur place, qui lui demandait ce qu’un aussi petit pays que la Belgique, sans gouvernement a fortiori, pouvait apporter dans ce vaste débat, le ministre et son entourage ont rappelé que notre pays faisait avancer les choses de manière très concrètes en la matière. Il en veut d’ailleurs pour preuve la présence du Roi à New York dans le but, entre autres, de porter ce débat aux Nations Unies.

« Notre pays peut paraître petit par rapport à la capacité d’emporter des décisions, mais le fait de le porter sur la scène internationale, grâce aussi à la qualité de notre réseau diplomatique, c’est un travail essentiel, souligne le ministre MR. C’est une responsabilité ! »

À l’heure actuelle, 420 millions d’enfants sont encore engagés dans un conflit armé.

Un contact avec le gendre de Donald Trump

Le ministre a également profité de sa présence aux États-Unis pour avoir un contact téléphonique, cette fois, avec Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump et médiateur du plan de paix américain pour le Proche-Orient.

Jared Kushner.
Jared Kushner.

« Un entretien cordial et direct », précise le ministre Goffin. « Nous avons pu exprimer à nouveau le positionnement de la Belgique, sans ambiguïté, sur la problématique israélo-palestinienne. L’occasion de remettre ce sujet à l’agenda, avec le respect des résolutions et du droit international. »

Durant son séjour à New York, le ministre belge des Affaires étrangères rencontrera également Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne et de l’État de Palestine. Ainsi qu’Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies.

Mahmoud Abbas.
Mahmoud Abbas.

Dans le cadre de sa présidence de l’ONU, Bruxelles sera en charge de dossiers clés tels que la protection des enfants dans les conflits armés, l’accès humanitaire en Syrie, l’application des sanctions en Somalie ou encore sur le nucléaire iranien.

Envoyé spécial à New York, Rodolphe Magis

Notre sélection vidéo