L’hiver est propice à certains virus mais la chaleur printanière ne les tue pas, contrairement à ce que dit Donald Trump

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Le président américain Donald Trump a affirmé lundi que «d’ici avril, ou au cours du mois d’avril, la chaleur en général tue ce genre de virus», laissant entendre que cela pourrait signifier la fin de l’épidémie du nouveau coronavirus, qui est une variété de virus.

Le nouveau coronavirus, qui a déjà fait au moins 1.100 morts, recèle encore beaucoup d’inconnues et aucun traitement n’est à ce jour disponible. Impossible donc de savoir comment se comportera ce nouveau pathogène dans les semaines et mois qui viennent. S’il est tentant de comparer le coronavirus actuel au virus de la grippe saisonnière en raison de la similitude de certains symptômes et modes de transmission, la grippe appartient en fait à une autre famille de virus, les myxovirus, génétiquement différents, rendant les comparaisons en partie hasardeuses.

En revanche, il y a déjà eu deux épidémies mortelles causées par un coronavirus, et donc génétiquement plus proches du coronavirus actuel : le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2002-2003 en Asie et le Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), détecté pour la première fois en 2012 et toujours en cours.

A première vue, l’épidémie de Sras a correspondu peu ou prou aux mois les plus froids dans l’hémisphère nord. «Les premiers cas se sont produits vers la mi-novembre dans la province du Guangdong (Chine). Le Sras n’a commencé à se répandre dans le monde qu’à partir du 21 février (2003), lorsqu’un médecin contaminé de Guangdong a séjourné (à) Hong Kong», rappelle l’Organisation mondiale de la Santé.

«C’est vrai que l’épidémie s’était arrêtée en juin en Chine et que le dernier cas était en juillet à Taïwan. Certaines personnes avaient émis l’hypothèse: ‘le virus est apparu en hiver et a disparu aux beaux jours, donc peut-être qu’il y a un caractère saisonnier’», souligne auprès de l’AFP le Pr Arnaud Fontanet spécialiste des maladies émergentes à l’Institut Pasteur.

«Peut-être que le réchauffement de l’été avait contribué au contrôle de l’épidémie, mais (et cela avait été discuté dans la presse scientifique) : est-ce que la température avait à voir avec la fin de l’épidémie de Sras, personne ne peut répondre là-dessus», poursuit Arnaud Fontanet. De plus, la saisonnalité d’un virus ne veut pas dire qu’il disparaît le reste de l’année : «On sait qu’on les retrouve quand même toute l’année», note le Pr Fontanet.

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