Emmanuel Macron affiche son virage vert devant une Mer de Glace sans neige (photos)

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En tenue de ski bleu foncé, le président de la République a écouté le terrible inventaire climatique: la glace recule de 8 à 10 mètres par an, environ 2 kilomètres depuis 1850. Le glacier a perdu 120 mètres d’épaisseur en un siècle. L’illustration la plus spectaculaire de l’impact du réchauffement en France.

Devant l’alternance de roches grises et de glace vive bleutée, Emmanuel Macron lâche: «c’est vertigineux quand on le voit». «Le glacier rend visible l’invisible», répond le glaciologue Luc Moreau. «On se rend compte comment les non-décisions ont fait en arriver là», ajoutera le chef de l’État en fin de visite.

Alors qu’il doit lancer l’Office français de la biodiversité (OFB), il a dîné mercredi soir avec des sommités comme le célèbre climatologue Jean Jouzel, la biologiste Camille Parmesan et la spécialiste de la biodiversité Anne Larigauderie, de l’IPBES, qui a publié l’an dernier un rapport glaçant sur la disparition des espèces. Autour de la table se trouvaient aussi des dirigeants d’associations comme Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, et des personnalités, dont l’explorateur-aventurier Mike Horn.

Emmanuel Macron veut faire de l’écologie une des deux priorités de sa fin de quinquennat, engluée dans la réforme des retraites. A un mois des municipales, le chef de l’Etat met l’accent sur un sujet désormais incontournable, y compris dans les urnes.

Protéger le Mont Blanc

L’Etat s’engage à des pratiques éco-responsables: forfait annuel de 200 euros pour inciter les fonctionnaires au vélo ou au covoiturage, arrêt des achats d’objets en plastique à usage unique, parkings à vélos et bornes électriques sur ses sites. Le Conseil des ministres a également annoncé la création d’une aire protégée du site du mont Blanc d’ici la fin de l’année. Des mesures que les associations écologistes ont globalement jugé insuffisantes.

Le président devait redescendre à Chamonix pour détailler des mesures de protection du Mont Blanc (4.809 m) et de son écosystème, menacés par la surfréquentation et les incivilités. Ces derniers étés, plusieurs incongruités ou dégradations ont émaillé les ascensions du Mont Blanc, dont les pentes attirent chaque année 20.000 visiteurs: l’atterrissage d’un avion de tourisme non loin du sommet, un Britannique qui avait monté un rameur sans réussir à le redescendre, des Lettons qui avaient tenté de monter un mât de 10 mètres pour y faire flotter leur drapeau...

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