Cinq mois après la mort de Christiane Thys, les accusés étaient arrêtés

Cinq mois après la mort de Christiane Thys, les accusés étaient arrêtés

Anthony Maitrot et Youri Fléron sont accusés de vol avec meurtre et sont jugés depuis jeudi matin par la cour d’assises du Hainaut à Mons. Le premier est en aveux du vol et du crime mais soutient que son frère (ils ont la même maman mais pas le même papa) est le commanditaire du vol, ce que ce dernier conteste.

Cinq mois après la mort de Christiane Thys, étranglée et poignardée dans son appartement situé le long de la rue de Heigne à Charleroi, les enquêteurs de la police judiciaire ont mis la main sur un suspect, Youri Fléron. Tout de suite, il a donné le nom de son frère comme étant l’auteur du crime. Interpellé à son tour, Anthony Maitrot a désigné Youri comme le commanditaire du vol.

Le corps sans vie de Christiane Thys a été retrouvé le 2 novembre 2017 car un voisin s’inquiétait de ne plus la voir. Une autre trouvait anormal qu’elle ne l’insultait plus dans les couloirs. Souffrant de problèmes psychologiques, Christiane était un personnage un peu particulier dans le quartier. Elle se disputait souvent avec ses voisins et les plaintes étaient mutuelles.

Quand les policiers ont débarqué dans l’appartement situé au numéro 10 de la rue de Heigne à Charleroi, le corps sans vie de Christiane gisait dans la pièce de vie. Les policiers ont compris qu’il y avait eu un vol car des fouilles avaient été effectuées dans toutes les pièces de la maison. La télévision avait été abandonnée sur une table. Quant au corps, quatre plaies ont été relevées par le médecin légiste, dont deux au cou.

Une enquête complexe

Une instruction a été ouverte au parquet de Charleroi sous la direction de Martine Michel. Les enquêteurs ont d’abord tenté de définir la date du crime en couplant des témoignages avec l’analyse de la téléphonie de la victime et l’utilisation de sa carte bancaire. Pour les enquêteurs, le crime a eu lieu entre le 23 octobre à 22 heures et le 24 octobre à 4 heures.

Ensuite, les policiers ont recherché les suspects en commençant par le fils de la victime car les relations étaient tendues entre eux. La mère avait déposé une plainte contre son fils pour des faits de violence mais cette piste a rapidement été écartée.

Les enquêteurs se sont alors penchés sur le voisinage de la victime et notamment sur l’homme qui a appelé les secours. Ce dernier, très curieux, a mystérieusement disparu lors des premiers jours de l’enquête. Il a finalement été localisé à Péruwelz. Entendu par la police, il a déclaré que le voisinage subissait la pression de l’habitant du numéro 21 qui cherchait à faire des fausses fiches de paie dans le cadre d’une arnaque. Ce qui sera confirmé par plusieurs voisins qui ont préféré ne pas aller au bout de cette arnaque.

Ce voisin a un nom, Youri Fléron, déjà connu des autorités judiciaires. Une perquisition a été menée au numéro 21. Youri et sa compagne, Mélanie, ont été auditionnés par la police. « Il va directement déclarer qu’il est étranger aux faits et il a dénoncé son frère, Anthony Maitrot. Il semblait soulagé », a déclaré un policier qui l’a auditionné.

Ce même 29 mars, Anthony a été interpellé et auditionné par la police. Il a déclaré que son frère avait commandité le vol et a avoué être l’auteur du meurtre. Il a répété la même chose devant le juge d’instruction qui l’a placé sous mandat d’arrêt. « Il m’a dit qu’il avait voulu se dénoncer à plusieurs reprises mais que son frère l’en avait empêché », a déclaré Martine Michel devant la cour.

Youri a été interrogé par le magistrat instructeur le lendemain matin, le 30 mars. Le magistrat a relevé de nombreuses contradictions dans son discours. Inculpé à son tour, il a déclaré qu’il n’avait jamais souhaité la mort de Christiane Thys. Il prétend que son frère est parti deux heures chez la victime. Anthony dit que cela a duré moins d’une heure.

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