Des déchets biodégradables dans votre cuve à mazout.

Des déchets biodégradables dans votre cuve à mazout.

De nombreux consommateurs tentent de réduire leurs émissions de CO2 et l’Europe a l’ambition d’être climatiquement neutre d’ici 2050. Le secteur du mazout suit lui aussi le mouvement. Dans un article connexe, nous vous expliquions comment faire des économies d’énergie (et donc réduire vos émissions de CO2) grâce à l’isolation, à la transition vers une chaudière à condensation et au chauffage hybride. Mais les combustibles liquides neutres en carbone vont plus loin. Ils ne contribuent pas au changement climatique et peuvent parfaitement s’utiliser dans les installations au mazout existantes. De quels combustibles s’agit-il exactement ?

1. EMAG : le pouvoir de l’huile recyclée

L’acronyme EMAG, pour Esters Méthyliques d’Acides Gras, qualifie des biocarburants fabriqués à partir d’huile animale et végétale recyclée. Les EMAG sont mélangés au mazout ou au diesel pour obtenir un combustible plus propre. Ce biodiesel ou biomazout est une source d’énergie renouvelable, et donc durable. Le biomazout présente de nombreux avantages par rapport aux combustibles fossiles : c’est un combustible inépuisable et biodégradable qui émet moins de carbone et présente une teneur en soufre inférieure. Le biodiesel n’émet pas plus de CO2 pendant la combustion qu’il n’en absorbe pendant la production. Nous pouvons donc parler de neutralité en carbone. Disponibles en grande quantité, les EMAG sont déjà utilisés dans le secteur des transports. L’étape suivante consiste à les utiliser pour chauffer nos maisons. Aux quatre coins de l’Europe, en Belgique notamment, des familles pilotes se chauffent déjà avec un mélange d’EMAG et de mazout, sans souci et dans le plus grand confort.

2. BTL : combustible à base de déchets biodégradables

L’acronyme BTL (Biomass-To-Liquid ou biomasse transformée en liquide) désigne un combustible neutre en carbone produit à partir de biomasse ou de déchets (déchets biodégradables, pâte de bois, huile végétale ou algues). L’institut de technologie de Karlsruhe (KIT), par exemple, dispose d’une installation pilote capable de produire de l’essence, du diesel, du mazout ou même du kérosène à partir de… paille ! La preuve qu’il est déjà possible de produire du carburant neutre en CO2 à partir de déchets agricoles. Il ne reste plus qu’à augmenter la production à grande échelle et à réduire ses coûts.

3. HVO : combustibles à base d’huile hydrotraitée

Pour compliquer un peu plus les choses, citons également les HVO, pour Hydrotreated Vegetable Oils ou « huiles et graisses végétales hydrotraitées ». La grande différence avec les EMAG réside dans l’hydrotraitement. Ce procédé consiste à transformer des huiles végétales en carburant alternatif et durable pouvant non seulement être mélangé, mais aussi utilisé tel quel dans les voitures diesel et les chaudières à mazout existantes. Le HVO réduit les émissions de CO2 de quelque 90 % par rapport au fioul conventionnel. Ses coûts de production sont comparables à ceux du mazout. Il ne reste qu’à augmenter la production et le nombre de fournisseurs pour répondre à l’énorme demande. Cependant, il ne sera pas possible de faire face à la demande mondiale de carburant avec ces seuls combustibles végétaux. C’est pourquoi nous aspirons à l’arrivée de combustibles liquides encore plus performants et plus respectueux de l’environnement : les e-fuels.

4. E-fuels : combustibles à base de CO2 et d’électricité

Faire encore mieux ? C’est possible ! Les e-fuels (le « E » signifie « électricité verte ») sont les derniers-nés de la famille toujours grandissante des combustibles liquides renouvelables. Ces combustibles résolvent le problème de la versatilité du mode de production des énergies renouvelables : on produit beaucoup d’électricité quand il y a beaucoup de vent et/ou de soleil, mais on en produit peu, voire pas du tout, lorsque le vent ne souffle pas ou que le soleil est aux abonnés absents. À un moment donné, on se retrouve donc avec un excédent de production, à un autre, on doit faire face à un déficit. Une partie de la solution consiste à utiliser cette électricité verte pour fabriquer des combustibles renouvelables en captant au passage le CO2 présent dans l’air. De cette façon, une partie du problème des gaz à effet de serre devient une partie de la solution. L’électricité verte excédentaire est en fait liquéfiée afin d’être stockée dans votre cuve et utilisée pour un système de chauffage durable. Et si vous disposez d’une installation de chauffage hybride, elle servira de réservoir tampon neutre en carbone pour les périodes où l’énergie renouvelable est insuffisante. Découvrez tout ce qu’il faut savoir à ce sujet dans l’article sur les e-fuels.

En savoir plus sur les combustibles renouvelables ? Consultez le guide ou le dossier en ligne.