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Coronavirus: le Dr Philippe Devos, contaminé, lance un appel au gouvernement concernant l’hydroxychloroquine (vidéos)

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le Dr Philippe Devos, président de l’Absym
le Dr Philippe Devos, président de l’Absym

Il y a 2 jours à peine, le Dr Philippe Devos, président de l’Absym, l’Association belge des syndicats médicaux nous indiquait que « le pire » était « à venir ». « On va commencer à souffrir ce dimanche ou ce lundi. Et les semaines suivantes seront terribles », nous expliquait-il.

Il a annoncé ce dimanche en début de soirée qu’il est lui aussi malade, contaminé par le coronavirus Covid-19  : « Depuis vendredi, je fais partie des patients malades ». Il nous l’a confirmé ensuite.

« Il n’y a pas assez d’hydroxychloroquine »

Et de rejoindre l’avis du spécialiste des maladies infectieuses marseillais, le professeur Didier Raoult, sur le traitement à adopter, tout en lançant un appel à nos autorités : « On recommande maintenant de donner l’hydroxychloroquine pour tous les patients hospitalisés, pas uniquement pour les patients en soins intensifs. Aujourd’hui, il n’y a pas assez d’hydroxychloroquine en Belgique pour pouvoir traiter toute la population et il n’y en a dans aucun pays en suffisance. Même les Etats-Unis doivent se faire aider par Israël, qui est en train de produire pour eux des millions de doses. J’espère que l’Etat belge est en train de faire la même chose que les Etats-Unis et qu’ils essaient donc de trouver des accords avec les producteurs pour créer plus de doses ».

Didier Raoult, le «pêcheur de microbes» à l’assaut du Covid-19

Derrière son allure de vieux druide fantasque, ce fils de médecin militaire né en 1952 à Dakar (Sénégal) est un des experts mondiaux en matière de maladies infectieuses et tropicales, à la tête de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, dans la deuxième ville de France.

Et il s’amuse de ceux qui s’échinent à battre en brèche ses travaux. « De petits marquis parisiens », balaie d’un revers de main celui qui est un des 11 membres du conseil scientifique Covid-19 auprès du gouvernement français.

Fin février, via une vidéo, il annonce la « fin de partie » contre le nouveau coronavirus parti de Wuhan en Chine : la chloroquine, une banale molécule utilisée contre le paludisme, serait l’arme principale pour l’annihiler. Des tests cliniques en Chine menés sous la direction du professeur Zhong Nanshan auraient confirmé les tests in vitro effectués auparavant.

Trop facile pour être vrai ? Les critiques affluent, notamment de FakeMed, un collectif de scientifiques en lutte contre les fausses informations dans le domaine de la santé, et de professeurs mettant en garde contre les effets indésirables de ce médicament.

« Une vidéo m’accusant de diffuser des +Fake News+ a même été vue 450.000 fois sur Facebook, mais ça m’a fait une publicité considérable, qu’ils continuent à dire des horreurs comme ça », se gaussait-il mi-mars.

Sur 24 patients traités à l’IHU Méditerranée Infection avec de l’hydroxychloroquine, 75 % présentent une charge virale négative au bout de six jours, affirme-t-il. En clair : le virus a disparu, le patient n’est plus contagieux. En comparaison, 90 % des patients traités sans chloroquine, à Nice et Avignon, seraient encore contagieux au bout de cette même période.

Mais c’est l’intervention du président américain Donald Trump, jeudi, qui a mis en lumière ces résultats prometteurs, même si la Food and Drug Administration (FDA), l’organisme fédéral qui supervise la commercialisation des médicaments aux Etats-Unis, a ensuite tempéré l’enthousiasme présidentiel.

« Je ne joue pas à Nostradamus »

« C’est juste la preuve que ce sont des gens sérieux », a réagi M. Raoult auprès de l’AFP.

Collectionneur de bactéries et de virus --il en a plus de 3.000 parmi les plus dangereux au monde-- dans ses locaux de Marseille, au coeur de l’hôpital de la Timone, ce père de deux enfants, marié à une psychiatre, s’était déjà fait remarquer par ses découvertes.

Spécialiste mondial des Rickettsies, ces bactéries intracellulaires à l’origine notamment du typhus, Didier Raoult a aussi décrypté le génome de la bactérie à l’origine de la maladie de Whipple, près d’un siècle après l’apparition de cette pathologie.

Sur ses paillasses, dans ses laboratoires, au cours de sa carrière marseillaise, dans cette ville où il est arrivé à l’âge de neuf ans avec ses parents, de retour d’Afrique, il multiplie les trouvailles. Comme Mimivirus, ce virus géant qu’il identifie en 1992 et baptisera en l’honneur de « Mimi l’amibe », ce héros inventé par son père quand celui-ci lui racontait des histoires pour lui expliquer l’évolution. Puis c’est Spoutnik qu’il repérera, grâce à Mimivirus : ce virus nain est exceptionnel car virophage, capable d’infecter un autre virus pour prospérer.

Avec ses équipes, il identifie des dizaines de nouvelles bactéries pathogènes, dont deux portent son nom aujourd’hui, Raoultella planticola et Rickettsia raoultii.

Pionnier de la paléomicrobiologie, Didier Raoult est d’abord un chercheur. Mais aussi un capitaine d’industrie, comme quand il propose au ministre de la Santé, Jean-François Mattei, au début des années 2000, de créer sept « infectiopôles », « des forteresses à la Vauban » contre les maladies infectieuses.

Dix ans plus tard, six IHU sont créés à travers la France, chacun sur un thème différent : Imagine à Paris, sur les maladies génétiques ou Méditerranée Infection, à Marseille, qu’il dirige depuis 2011.

Parti bourlinguer sur un navire de la marine marchande, à 18 ans, Didier Raoult a passé son bac, littéraire, à 20 ans, en candidat libre avant de faire médecine. Et de se faire un nom, à force de travail et de prises de position tonitruantes, comme quand il dénonce l’interdiction du voile à l’université, en 2016, ou quand il exprime ses doutes face au réchauffement climatique et à ces modèles mathématiques catastrophistes qui ne seraient qu’une forme moderne de « divination ».

« Je ne joue pas à Nostradamus, toutes les prévisions sont fausses, on ne peut jamais faire que de l’ajustement au quotidien », lançait-il fin février.

France: pressions politiques pour généraliser le traitement à la chloroquine

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« La chloroquine, pourquoi ne l’utilise-t-on pas ? », s’est ainsi interrogé sur France Inter le patron des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau.

« Elle a un avantage, elle n’est pas chère. Est-ce que c’est parce que les grands labos aimeraient se faire de l’argent sur le dos de nos concitoyens ? », a-t-il poursuivi.

Alors que le spécialiste des maladies infectieuses Didier Raoult a conduit à Marseille une première étude prometteuse, mais sur un échantillon de 24 patients seulement, M. Retailleau a plaidé pour « qu’on n’attende pas ce que les milieux académiques peuvent attendre, c’est-à-dire des règles standards, académiques, de la recherche de risques ».

« Peut-être faut-il simplement le prescrire en milieu hospitalier (…) De toutes façons qu’est-ce qu’on risque ? Les gens meurent », a-t-il insisté.

« On a eu suffisamment de retard sur les masques, les tests, le confinement, pour qu’on n’en prenne pas sur le traitement », a-t-il encore observé.

Le maire de Nice, Christian Estrosi (LR), lui-même contaminé par le coronavirus, a également dit dimanche à radio J qu’il a « envie qu’on fasse confiance » à Didier Raoult. « L’hôpital de Nice aujourd’hui a été approvisionné avec Sanofi (ndlr : en chloroquine), comme d’autres établissements hospitaliers de notre pays (…) il y a des protocoles et à partir du moment où le médecin hospitalier se tourne vers les familles en demandant si elles sont d’accord, eh bien tant mieux », a souligné M. Estrosi qui lui-même va « bien ».

Suivie à Marseille, comme la présidente du département des Bouches-du-Rhône Martine Vassal, par le Dr Raoult après avoir été infectée par le coronavirus, la députée (LR) Valérie Boyer a elle aussi défendu le traitement à la chloroquine, vantant les mérites du scientifique. « Nous n’avons pas affaire à un charlatan mais un homme de science », a-t-elle plaidé sur BFMTV.

Le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni a pour sa part annoncé dimanche avoir demandé au gouvernement « de consulter les praticiens et autorités sanitaires de l’île pour que la Corse puisse intégrer immédiatement le programme visant à confirmer l’efficacité du traitement ».

Samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué avoir demandé à ce que l’étude du professeur Raoult « puisse être reproduite à plus large échelle dans d’autres centres hospitaliers, par d’autres équipes indépendants ».

Un complément nécessaire car « jamais aucun pays au monde n’a accordé une autorisation de traitement sur la base d’une étude comme celle-ci », a-t-il fait valoir.

M. Véran espère des résultats d’ici 15 jours.

« L’histoire de maladies virales est peuplée de fausses bonnes nouvelles, peuplée de déceptions, de prises de risques inconsidérées aussi », a averti le ministre.

Le traitement à la chloroquine, « nous n’hésitons pas à le mettre en place mais nous suivons un protocole scientifique », a insisté dimanche sur LCI la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, en soulignant que des expérimentations se poursuivaient « à Lille et à Paris ».

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