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Coronavirus: voici pourquoi la Belgique a de meilleures perspectives que l’Italie, l’Espagne ou encore les Pays-Bas

Prétexte
Prétexte - AFP

Pour Geert Meyfroidt, la raison est simple : la quantité de lits disponibles en soins intensifs. Plus il y en a par nombre d’habitants, plus un pays aura de chances de sauver des vies, comme il l’explique à nos confrères de HLN.

L’Allemagne comptait lundi 22.672 cas officiellement déclarés de coronavirus et 86 décès, selon l’Institut Robert Koch. Alors que par exemple l’Italie compte, selon le dernier bilan, 63.927 cas pour 6.077 décès. L’Espagne, 33.089 cas pour 2.182 décès. Une nette différence entre les Allemands d’un côté et les Italiens et Espagnols de l’autre.

Et la Belgique serait plutôt dans le même cas de figure que l’Allemagne. À condition de respecter des règles de sécurité pour éviter la propagation du virus.

« Oui, il y a certainement un lien entre les deux »

Notre pays compte quelque 1.900 lits en soins intensifs (16,5 lits pour 100.000 habitants), ce qui place la Belgique dans le peloton de tête de ce classement européen, dominé par l’Allemagne et le Luxembourg. Chez nos voisins allemands, on compte 35 lits pour 100.000 habitants (28.000 places en soins intensifs pour 80 millions d’Allemands). La France est à 10,4 lits de soins intensifs disponibles pour 100.000 habitants.

En Italie, où la situation est critique, on ne dénombre que 8,6 lits en soins intensifs pour 100.000 Italiens (5.300 places pour 62 millions d’habitants). Ce qui correspond à presque la moitié de ce que la Belgique peut fournir.

Selon ce médecin, un nombre de lits en soins intensifs plus important par habitant est donc l’une des raisons (pas l’unique, évidemment) pour laquelle la Belgique pourrait ne pas connaître une situation aussi dramatique que certains de nos pays voisins. « Oui, il y a certainement un lien entre les deux », explique-t-il à nos confrères de HLN. À condition évidemment de mettre en place rapidement des règles de sécurité et de confinement et de les faire respecter pour ne pas répandre le virus et asphyxier nos hôpitaux.

Très inquiet pour l’Espagne

« En Italie, ils doivent composer avec deux choses : des infrastructures vétustes qui sont le fruit d’une chute des investissements dans les soins de santé, mais aussi le manque de lits disponibles. En Belgique, on dispose d’une capacité bien plus grande et on est actuellement en train de l’augmenter massivement. Tous les hôpitaux belges sont en train de se créer des unités supplémentaires » poursuit-il.

Il se montre aussi très inquiet pour l’Espagne : « Ils avaient déjà peu de lits en soins intensifs et ils en ont encore enlevé. En Espagne, cela sera encore pire qu’en Italie ».

Une situation qui amène les images de chaos que l’on a pu voir ce week-end.

Pour Geert Meyfroidt, deux autres pays européens vont avoir de graves difficultés, les Pays-Bas (6,7 lits de soins intensifs disponibles pour 100.000 habitants) et le Royaume-Uni : « Ces deux pays ont beaucoup moins de places en soins intensifs que nous… En plus, ils envisagent la stratégie de laisser le virus proliférer afin de doper l’immunité collective. Cela fonctionnera, mais cela sera précédé par un drame humain immense (…) Il ne faut pas aller trop vite avec cette méthode, certainement si votre capacité hospitalière ne le permet pas ».

Restez chez vous !

Et même si la situation de la Belgique au niveau des lits est plutôt favorable, il répète que la chose la plus importante est que la population respecte les règles de confinement imposées par le gouvernement fédéral  : « La plupart des vies, c’est nous tous qui allons les sauver ensemble, si tout le monde reste bien enfermé chez lui. »

Sans ça, tout tomberait à l’eau…