Elargissement des horaires des commerces alimentaires en cette période de confinement: ils pourront ouvrir de 7 à 22 heures!

Elargissement des horaires des commerces alimentaires en cette période de confinement: ils pourront ouvrir de 7 à 22 heures!
Belga

Vous le savez, de nombreuses mesures ont été prises en Belgique afin de limiter la propagation du Covid-19. Celles-ci s’applique particulièrement aux commerces et magasins qui doivent être fermés, à l’exception :

– des magasins d’alimentation, y compris les magasins de nuit ;

– des magasins d’alimentation pour animaux ;

– des pharmacies ;

– des librairies ;

– des stations-services et fournisseurs de carburants et combustibles.

L’accès aux grandes surfaces ne peut avoir lieu que selon les modalités, à savoir, limiter à maximum 1 client par 10 mètres carrés pendant une période de maximum 30 minutes et, dans la mesure du possible, s’y rendre seul.

Les mesures nécessaires doivent également être prises pour garantir le respect des règles de distanciation sociale, en particulier le maintien d’une distance d’1,5 mètre entre chaque personne

Si l’arrêté ministériel de ce lundi 23 mars rappelle que la pratique de soldes et réductions est interdite, il se penche également sur les horaires des commerces alimentaires. Ils pouvaient ouvrir jusqu’à 20 heures, ils peuvent désormais l’être jusqu’à 22 heures  : « Les magasins d’alimentation ne peuvent être ouverts que de 7.00 à 22.00 heures », peut-on lire au paragraphe 3.

« Un vrai scandale »

Une décision qui ne plaît cependant pas au secteur du commerce, comme le fait savoir la présidente du Setca – Syndicat des employés et des cadres de Belgique – Myriam Delmée auprès de nos confrères de la RTBF. « Cet élargissement est un vrai scandale quand on sait que le personnel des magasins crève déjà et que la revendication des organisations syndicales est de limiter les ouvertures, pas de les élargir. La semaine dernière, la ministre du travail insistait sur le fait qu’il n’y avait pas de demande et qu’elle ne dérogerait à rien tant qu’il n’y avait pas de demande conjointe des interlocuteurs sociaux du secteur. Manifestement, les pouvoirs spéciaux lui ont donné des ailes à elle et à ses collègues. Preuve en est, que les pouvoirs spéciaux peuvent être mal utilisés et être l’ennemi de la démocratie  », déplore-t-elle.

Myriam Delmée ajoute : « Il ne faudra passer s’étonner si à un moment des mouvements sociaux ont lieu. Travailler pour nourrir la population est une chose, mépriser le personnel, en ne le protégeant pas, et en demandant toujours plus est autre chose ! ».

Pas à l’ordre du jour

Une prolongation des heures d’ouverture des magasins alimentaires « n’est pas à l’ordre du jour », selon la fédération sectorielle Comeos.

Du côté de Comeos, on se veut néanmoins rassurant. « Des heures d’ouvertes rallongées ne sont pas du tout à l’ordre du jour. Il n’y a rien sur la table à ce sujet », indique un porte-parole de l’organisation sectorielle.

Dans les rangs politiques, le PS a rappelé que l’arrêté du 23 mars était un simple arrêté ministériel et non un arrêté de pouvoirs spéciaux. Il ne peut donc modifier une loi. « L’arrêté ne peut avoir pour effet d’élargir les heures d’ouverture qui sont prévues dans une loi. Ces ambiguïtés sont particulièrement malvenues à un moment où les caissières des grands magasins se dévouent pour assurer l’approvisionnement de la population », a commenté le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej.

La ministre de l’Emploi, de l’Économie et des Consommateurs, Nathalie Muylle, a rappelé que l’élargissement des heures d’ouverture prévu par l’arrêté ministériel ne constituait pas une obligation. C’est une possibilité qui est laissée aux magasins, ajoute-t-elle. «Nous allons voir sereinement comment cette possibilité est exploitée. Des heures d’ouverture encore plus larges ne sont pas à l’ordre du jour actuellement. Avec la mesure, nous voulons permettre aux consommateurs, mais aussi aux prestataires de soins et aux personnes qui continuent à travailler, de s’approvisionner, d’autant plus si la crise devait s’aggraver.»