Coronavirus: le Covid-19 mute plus lentement que d’autres virus, un éventuel vaccin offrirait une protection durable!

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L’image au microscope électronique montre le Covid-19 (jaune) isolé d'un patient aux États-Unis, émergeant de la surface de cellules (bleues/roses)
L’image au microscope électronique montre le Covid-19 (jaune) isolé d'un patient aux États-Unis, émergeant de la surface de cellules (bleues/roses) - Belga image

Le monde scientifique est sur le qui-vive afin de trouver une manière d’éradiquer l’épidémie du nouveau coronavirus. Dans cette période où la moindre découverte est source d’espoirs, des recherches ont montré que le Covid-19 mute plus lentement que d’autres virus respiratoires tels que la grippe saisonnière.

S’il ne faut pas s’emballer inutilement et la prendre avec les pincettes d’usages en cette période de crise, cette découverte pourrait apporter deux bonnes nouvelles. Premièrement, le virus ne deviendrait pas plus dangereux qu’actuellement. Deuxièmement, et c’est le plus important pour la recherche, un potentiel vaccin pourrait avoir un effet durable. Explications.

« Ce serait un seul vaccin »

Cette découverte est le fruit de l’analyse de 1.000 échantillons du coronavirus Covid-19. Ces analyses ont révélé « quatre à dix différences génétiques » entre les souches qui ont infecté les patients aux États-Unis et celles du virus « d’origine » prélevées sur les personnes infectées à Wuhan. « Pour le moment, ce taux de mutation du virus signifierait que si un vaccin contre le coronavirus était développé, ce serait un seul vaccin, plutôt qu’un nouveau vaccin comme la grippe chaque année », explique au Washington Post Peter Thielen, généticien moléculaire à l’université Johns Hopkins de Baltimore.

Autrement dit, le virus mute lentement. Si le nouveau coronavirus présente, par rapport au début de l’épidémie, des modifications subtiles de son génome, il semble toujours être le même. Et ce, partout où il apparaît. Andrew Rambaut, biologiste évolutionniste moléculaire à l’Université d’Edimbourg, confirme d’ailleurs que le Covid-19 connaît « une à deux » mutations par mois. « C’est deux à quatre fois plus lent que la grippe », précise-t-il.

À titre de comparaison, « le génome du virus de la grippe mute environ tous les dix jours », ajoute le scientifique Trevor Bedford sur Twitter. Il va sans dire que nous ne remarquons pas la plupart des ces mutations. Reste que de temps à autre, l’une d’elle met à mal notre immunité existante contre le virus de la grippe. C’est pour cette raison qu’une vaccination est nécessaire chaque année pour nous protéger de la grippe saisonnière et que le vaccin n’offre parfois pas une protection optimale.

Ce qui serait donc différent avec le nouveau coronavirus si les résultats se confirment : le Covid-19 ne mutera probablement pas de cette façon chaque saison et le virus prendra « quelques années » avant d’atteindre cette forme, conclut Trevor Bedford.

La prudence est de mise

La prudence reste cependant de mise. « Nous n’avons pas vu de changement dans la façon dont il frappe jusqu’à présent, mais nous le surveillons de près car il pourrait muter et ajuster légèrement sa stratégie », a déclaré à CBS le virologue Anthony Fauci, directeur. de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses aux États-Unis.

Pour l’heure, malheureusement, aucun vaccin n’a encore été trouvé. Celui n’est pas attendu avant… mars 2021. Pour le virologue Marc Van Ranst, ce n’est que quand celui-ci sera disponible que nous ne pourrons reprendre une vie tout à fait normale. « Cette épidémie va passer mais il y aura une autre vague. Nous devrions y survivre sans vaccin. Tout le monde sera mieux préparé, pour les tests par exemple. Mais ce que nous vivons en ce moment, nous devrons probablement le vivre encore quelques fois ».