Abonnez-vous pour 1€

Coronavirus: des ventes en recul de 50 à 60% dans les boulangeries, même si le pain s’écoule davantage

Coronavirus: des ventes en recul de 50 à 60% dans les boulangeries, même si le pain s’écoule davantage

Seule véritable lueur: les consommateurs semblent avoir retrouvé le chemin de ce type de commerce pour acheter du pain, qui se vend mieux qu’avant.

«Nous sommes les oubliés de nos responsables politiques», lance Albert Denoncin, président de la Fédération francophone de la boulangerie pâtisserie. Il regrette que le secteur n’ait pas été considéré comme prioritaire pour bénéficier d’équipements de protection comme les masques ou les gels alors que «nos travailleurs mettent leur santé en péril tous les jours pour que chacun puisse avoir son pain quotidien».

Le responsable décrit une situation difficile voire même «très très tendue» dans le secteur, en particulier dans les ateliers où le respect des distances sociales constitue un défi. Les espaces y sont souvent confinés, ce qui pousse certains patrons à mettre au chômage économique une partie de leurs ouvriers.

Boutique en ligne

Quant aux ventes, elles sont donc en déclin. Vu le contexte, «les gens entrent dans les boulangeries pour en sortir le plus rapidement possible», illustre Albert Denoncin. Avec le secteur horeca à l’arrêt, ce sont en outre toutes les commandes qui se sont arrêtées. Les pâtisseries ont aussi du mal à s’écouler.

Pour les aider, le groupe industriel spécialisé en ingrédients pour la boulangerie Puratos s’est associé à la start-up Bakeronline pour offrir aux boulangeries la possibilité de lancer gratuitement leur plateforme de boutique en ligne. Les clients peuvent ensuite passer commande et venir retirer leurs produits en magasin.

«Ca ne marchera pas», prédit d’ores et déjà le président des boulangers francophones. «Ca vous viendrait à l’idée de passer commande pour un pain?», s’interroge-t-il. Les membres de la fédération sont avant tout «des manuels qui vivent encore au siècle passé», les décrit-il sans vouloir les dénigrer. Albert Denoncin confie d’ailleurs ne pas disposer d’adresse e-mail pour au moins 50% d’entre eux.

Du pain de la boulangerie plutôt que du supermarché

Il souligne que ce sont des commerces de proximité, qui connaissent souvent tous leurs clients personnellement et qui vendent surtout dans un rayon de 10 km.

Seule lueur, le pain qui se vend bien mieux. Si les rayons de farine ont pu être dévalisés dans les supermarchés, ça n’a pas eu d’effet négatif. «On ne constate pas de baisse, bien au contraire. On voit que les gens reviennent davantage vers leur boulanger qu’en grande surface, où tout le monde touche tous les produits», conclut, sur une note positive, le président des boulangers francophones.

Notre sélection vidéo