Coronavirus: à Bruxelles, l’hôpital Erasme sur le pied de guerre avant l’afflux redouté

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Coronavirus: à Bruxelles, l’hôpital Erasme sur le pied de guerre avant l’afflux redouté
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La Belgique, pays de 11,4 millions d’habitants, enregistrait jeudi 6.235 cas confirmés de nouveau coronavirus, et 220 décès, selon les données officielles.

Des chiffres en nette augmentation ces derniers jours, qui empêchent encore les autorités sanitaires de prédire avec précision le moment du pic, attendu « dans les prochaines semaines ».

« La pandémie frappe notre pays et nous savons que nous n’avons pas encore atteint le pic, c’est une réalité », a déclaré jeudi la Première ministre, la libérale francophone Sophie Wilmès.

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Comme dans les autres grands hôpitaux de Belgique, la courbe ascendante des hospitalisations liées au Covid-19 (2.652 dans le pays jeudi) est regardée « de très très près » par le personnel soignant à Erasme. Objectif : adapter l’accueil pour ne pas être « submergés ».

« Aujourd’hui nous avons l’impression que cette croissance reste contrôlée », explique à l’AFP le Dr Jean-Michel Hougardy, directeur de cet établissement universitaire qui compte un millier de lits dans les quartiers Sud de Bruxelles.

« On aura certainement des difficultés au cours de l’épidémie (…), on fera tout ce qu’il faut pour faire face si la situation venait à se dégrader », ajoute-t-il.

Concrètement deux unités de lits dédiés au Covid-19 ont été aménagées en deux temps au cours des quinze premiers jours de mars. Une première de 15 lits au 7e étage du bâtiment, une seconde de 29 dans une autre aile.

D’autres places ont ensuite été dégagées et jeudi 69 malades au total de la pandémie étaient hospitalisés à Erasme, sans compter les 16 en soins intensifs.

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Un « double défi »

« On pourra accueillir plus de monde. On a une adaptation dynamique en fonction des arrivées », indique la porte-parole de l’hôpital, Pauline Mignon. « On a accéléré des rénovations (d’unités) qui étaient déjà prévues ».

En amont du service d’urgences, un système de tri des patients a été mis en place avec le concours de volontaires de la Croix-Rouge.

Dès l’arrivée, après l’indispensable désinfection des mains, le patient se croyant porteur du virus doit remplir un questionnaire sur ses symptômes. Au moindre doute, il se voit octroyer une étiquette rouge, synonyme de prise en charge rapide par un médecin.

Dans le cas contraire, c’est une étiquette verte. Et la personne est contrainte de quitter le parcours « Covid » pour suivre le trajet classique de l’admission aux urgences.

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Le Dr Stéphane Debaize, médecin urgentiste qui coordonne le site, compare à un « double défi » cette gestion des arrivées.

Il faut d’une part « faire une bonne séparation (des potentiellement infectés et des autres) afin d’éviter les épidémies intrahospitalières », et d’autre part penser à une répartition « fluide » des malades dans l’hôpital. Aux urgences d’abord puis dans les unités dédiées.

A Erasme aussi, la polémique sur le manque de moyens matériels pour protéger les soignants a eu de l’écho.

« Pouvoir protéger les soignants c’est essentiel et ça ne se résume pas qu’aux masques », lâche le Dr Hougardy, évoquant également un manque de médicaments et de tests de dépistage.

Mercredi soir le gouvernement a annoncé son intention d’atteindre « dans les prochains jours » le cap des 10.000 tests quotidiens, contre environ 2.000 actuellement.