Coronavirus: plusieurs hôtels réquisitionnés pour les sans-abri en région bruxelloise

Coronavirus: plusieurs hôtels réquisitionnés pour les sans-abri en région bruxelloise
AFP

Etterbeek a été la première commune bruxelloise à réquisitionner un hôtel pour les sans-abri. Après avoir dû fermer le chauffoir ouvert durant l’hiver rue Général Tombeur, le bourgmestre Vincent De Wolf a ordonné samedi à 16h00 par arrêté la réquisition de l’hôtel Le Derby sur l’avenue de Tervueren. Ce dernier avait dû fermer ses portes faute de clientèle.

« J’ai trouvé un hôtel fermé, ce qui ne crée pas de préjudice pour l’exploitant », explique le bourgmestre. « Il s’est montré de très bonne volonté, a exprimé son soutien, ne s’est opposé à rien et a pris la route pour venir allumer le chauffage de l’hôtel. » Le patron travaille sur place avec trois membres de son personnel à mi-temps.

Des ouvriers communaux ont placé des vitres de protection à l’accueil. Des gardiens de la paix ont été mobilisés dans un premier temps pour assurer la sécurité des lieux, qui a été confiée par la suite à des agents de sécurité. La commune paiera les chambres au tarif normal et indemnisera le gérant en cas de préjudice. Les matelas seront détruits et les chambres désinfectées à la fin du confinement. L’initiative est gérée avec le CPAS d’Etterbeek.

« D’autres présidents de CPAS nous appellent pour savoir comment on a procédé », continue Vincent De Wolf. « Tout se passe merveilleusement bien sur le plan humain. L’exploitant rapporte que les sans-abri respectent les mesures d’hygiène, qu’un lavabo extérieur a été installé devant l’hôtel pour qu’ils puissent se laver les mains avant d’entrer, qu’ils reçoivent des repas chauds du CPAS… « Une vingtaine de personnes, dont deux familles, occupent la quinzaine de chambres mises à disposition.

Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de la Brussels Hotels Association (BHA), explique être en contact avec différentes communes et avec la Région, qui coordonne l’initiative. « L’objectif n’est pas de réquisitionner de manière autoritaire, mais de manière volontaire, la réquisition étant simplement l’instrument juridique qui permet de cadrer la mise à disposition et l’utilisation des lieux », détaille-t-il.

« Sur le terrain, on a déjà plusieurs offres de services de responsables d’établissements qui entendent jouer leur rôle sociétal dans cette crise, envers les sans-abri ou envers d’autres publics comme les soignants. » Il explique qu’à ces offres de services du secteur hôtelier s’ajoutent des bâtiments collectifs publics proposés notamment par les communes à la Région, qui devra organiser ces différents élans.