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À l’origine du coronavirus, les marchés se poursuivent en Asie, les experts craignent une autre épidémie: «Ces marchés sont des bombes à retardement»

À l’origine du coronavirus, les marchés se poursuivent en Asie, les experts craignent une autre épidémie: «Ces marchés sont des bombes à retardement»
123RF / Twitter

Les premières suspicions quant au point de départ de l’épidémie de Covid-19 gravitent autour du pangolin. Les génomes de ce virus et de ceux qui circulent chez cet animal sont identiques à 99 %, ce serait donc cet animal qui aurait transmis le virus à l’homme. Le coronavirus a fait son apparition en décembre dans un marché de Wuhan (centre) où nombre d’animaux, dont des mammifères sauvages, étaient vendus pour être mangés.

Ce n’est qu’une question de temps

Étant donné que le SRAS et la grippe aviaire provenaient également de sites similaires aux marchés humides qui se déroulent en Chine, le pays avait interdit la vente et la consommation d’animaux sauvages. Malgré ces interdictions, nombreuses sont les espèces qui sont encore abattues, entassées dans les marchés puis vendues dans des conditions sanitaires déplorables dans certains pays asiatiques.

Ces marchés humides représentent donc un danger considérable pour l’espèce humaine et les experts et écologistes affirment que ce n’est qu’une question de temps avant qu’une autre maladie mortelle ne fasse son apparition, si on ne cesse pas la vente de ces animaux dans des conditions pareilles. Le professeur Andrew Cunningham, qui travaille à la Zoogical Society de Londres, encourage vivement tous les pays qui pratiquent encore ce genre de choses de suivre le chemin de la Chine et d’interdire ces marchés ! Pour Andrew, la fin de ces marchés humides est « la priorité la plus urgente pour la protection de la santé humaine ». « Lorsque des animaux vivants de différentes espèces sont rassemblés et maintenus dans des conditions de surpopulation et d’hygiène déplorables, la probabilité qu’un animal porteur d’un virus potentiellement zoonétique soit présent augmente. De plus, les chances que l’animal soit stressé et propage le virus augmentent également », avertit le professeur Cunningham.

Pour Steve Galster, fondateur d’un groupe défenseur des animaux, ce qui s’est passé à Wuhan est l’œuvre de « la vengeance de mère nature ». « Le moyen de prévenir de nouvelles épidémies est d’arrêter le commerce. La Chine a mis en place une interdiction, mais celle-ci doit être permanente car elle est le plus grand importateur d’animaux sauvages au monde. La plupart des espèces sauvages sont trafiquées par des gangsters. Ce n’est pas un commerce réglementé, il n’est donc pas étonnant que des infections et des virus se propagent. Le VIH, le SRAS et la grippe aviaire proviennent tous des animaux et maintenant celui-ci aussi. Ces marchés sont des bombes à retardement », déplore-t-il.

Brochettes de rats grillés, serpents, lézards…

Au Vietnam, le gouvernement a pris la décision d’interdire les marchés de la faune sauvage. Mais en Indonésie par exemple, à Tomohon, les marchés ne cessent d’avoir lieu, alors que le maire a interdit la consommation de viande sauvage. Souvent qualifiés de « marchés extrêmes », ces endroits sont connus pour la cruauté infligée aux animaux comme les singes, les chiens ou encore les chats, qui sont abattus devant les acheteurs, avec des couteaux. Les chauves-souris y sont vendues comme « remède » contre les maladies respiratoires. On peut également y trouver des brochettes de rats grillés, des serpents ou encore des lézards qui gisent par terre. Ces espèces, qui ne se trouvent pas dans leur état sauvage, ont tendance à être des sources de virus.

En Birmanie, la faune fait également l’objet de lourds trafics. Des marchés vendant des parties du corps d’espèces menacées, comme des peaux de tigres, des pattes d’ours ou encore des écailles de pangolins, s’y déroulent. En Chine, à peu près 20.000 marchés ont été fermés. Mais la médecine traditionnelle présente encore des lacunes. Il est surtout primordial que les pays qui interdisent ces marchés humides maintiennent l’interdiction. Jeffrey Flocken, de la Humane Society Internationale aux États-Unis, est très clair à ce sujet : « Les marchés de la faune sauvage à travers le monde, mais en particulier en Asie et en Afrique, pourraient facilement être le début d’autres épidémies à l’avenir ».