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Philippe Delusinne, patron de RTL Belgium, lance un appel: «La situation de RTL est aujourd’hui critique!»

Philippe Delusinne, patron de RTL Belgium, lance un appel: «La situation de RTL est aujourd’hui critique!»

Le secteur des médias est sinistré par cette crise. Encore plus le secteur privé comme RTL qui vit grâce à la publicité…

Il faut maintenant faire une scission claire et nette entre les sociétés subsidiées et les sociétés privées. Quand on lit la semaine dernière – dans vos colonnes d’ailleurs – que la RTBF a 80 % de ses revenus assurés par les dotations et 20 % par la pub, quand elle souffre de sa pub, elle ne souffre que d’une partie de ces 20 %. Nous, ce sont tous nos revenus qui sont dans la pub. Quand je perds 50 % de pub, c’est 50 % de mes recettes. Pas 50 % de 20 %… Aujourd’hui, il est plus que temps que les pouvoirs publics se rendent compte que la RTBF- et je suis le premier à plaider pour une chaîne publique- doit être remise dans son rôle de service public et que les chaînes privées (pas toutes) qui apportent une contribution citoyenne dans ce marché en créant de l’emploi, de la valeur en Belgique, doivent être aidées. C’est indispensable. Et j’ai fait un courrier en ce sens aux politiciens. Plus personne ne peut ignorer le fait qu’aujourd’hui le choix est : les politiques veulent-ils oui ou non préserver un pluralisme dans ce marché de l’audiovisuel ? Si oui, il faut qu’ils nous aident.

Votre appel n’est pas neuf, mais là il y a plus que jamais urgence…

L’urgence est absolue et immédiate. Ce n’est pas dans quatre mois ou dans six mois qu’il faudra s’intéresser à nous. C’est maintenant, dans les jours qui viennent qu’il faut nous donner des signes tangibles, montrer qu’on est prêt à nous aider pour qu’on puisse subsister dans ce marché et continuer à faire ce que nous faisons : une vraie dimension citoyenne.

Sinon ?

Sinon, ce sera une aventure dont je ne connais pas les contours aujourd’hui et qui sera fonction de l’évolution de la crise actuelle. Mais nous ne serons plus à même, faute de moyens, d’assurer ce que nous faisons aujourd’hui. Le message est clair. On (les politiques) a fait semblant de ne pas être très ému quand on a dû licencier 88 personnes il y a deux ans en se disant : « ils se débrouilleront bien ! ». Aujourd’hui, la question n’est plus celle-là mais est-ce qu’on peut survivre ? La situation est critique, c’est une nécessité que ça se débloque.

► Le patron de RTL Belgium lance un cri de détresse.

► Philippe Delusinne se livre sans langue de bois.

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