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62% des supporters sont contre une reprise à huis clos: «On préfère attendre début septembre pour jouer avec du monde en tribunes»

Les stades (ici Sclessin) vides
: pas au goût des fans. @Belga
Les stades (ici Sclessin) vides : pas au goût des fans. @Belga

Dans la mesure où la Pro League souhaite voter l’arrêt définitif de la saison en cours lors de sa prochaine Assemblée générale -qui devait se tenir ce vendredi mais a été reportée à lundi prochain- et où il est ressorti du Conseil national de sécurité de mercredi dernier que tout événement de masse est interdit jusqu’au 31 août -au plus tôt car tout le monde navigue à vue –, il est plus que probable que le football en Belgique ne reprendra pas avant le 1er septembre. Tout comme il est quasiment acquis que cette reprise se fera à huis clos (le sujet sera sur la table ce vendredi lors d’un nouveau Conseil national de sécurité), pour une phase de transition dont personne ne peut prédire la durée. Le déconfinement sera progressif, long, et il faudra attendre un bon bout de temps avec de retrouver des tribunes remplies. La sécurité et la santé avant tout !

Le souci, c’est que les supporters sont majoritairement contre le principe du huis clos et préfèrent prendre leur mal en patience, même si le manque se fait déjà cruellement ressentir, plutôt que de voir leurs favoris reprendre le chemin des pelouses dans des stades vides. C’est ce qui ressort d’un sondage que nous vous avons proposé sur sudinfo.be, puisque près de deux tiers (62 %) des près de 3.000 votants ont pris la direction de la négative. « Le football est un spectacle, et un spectacle sans spectateurs a-t-il un sens ? », « Pour l’instant, c’est trop dangereux de retourner au stade », « Un match de foot sans public est un match sans ambiance, et la motivation des joueurs risque d’être absente », « Pas de supporters dans les tribunes tant qu’il n’y aura pas de vaccin ! », « À huis clos ou pas, il ne faut pas reprendre. Pourquoi les joueurs seraient dispensés des règles de confinement, qui imposent notamment de se tenir à 1,5 m ? » : des réactions qui découlent du bon sens. Certains maniaient l’humour : « Cela avantagera vraiment Anderlecht qui a l’habitude de jouer dans un stade vide… d’ambiance. »

« La santé prime »

Avec ce qu’il entraîne comme frustration due à l’absence -en tout cas à la diminution drastique- d’émotions, le huis clos a très peu de partisans, tout comme l’idée d’une reprise des festivités. Car les supporters ne plaident pas pour un retour rapide en tribune mais pour une plus longue période de réflexion. « La santé prime évidemment sur le football », assènent de concert Mario Brockaerts et Nicole Paulus, respectivement président et secrétaire de la Famille des Rouches (FDR), qui regroupe tous les clubs de supporters officiels du Standard. « Les supporters n’ont aucun pouvoir de décision : c’est le gouvernement belge puis la Pro League, sur base des mesures préconisées par le Conseil national de sécurité, qui trancheront. C’est clair que tout supporter du Standard se prononcera toujours pour des matches disputés avec public et préférera être au stade, mais uniquement à condition que la sécurité par rapport à la santé soit pleinement garantie. Quitte alors à commencer la saison plus tard et à l’aménager. La préférence, c’est celle-là… »

Un impact financier ?

Même son de cloche chez Xavier De Vleeschauwer, président de l’Amicale des supporters du SC Charleroi. « On préfère attendre début septembre pour jouer avec du monde en tribunes plutôt que de reprendre en juillet dans des stades vides. Ça nous manque d’aller au stade mais on sait aussi qu’on devra se plier à ce que les autorités décident. » Avant de glisser un autre élément en cas de calendrier chargé dû à un coup d’envoi tardif des festivités : « Si c’est pour enchaîner des matches très rapidement et que ça empêche des supporters de pouvoir se payer les tickets parce que ça coûte trop cher en peu de temps, c’est dommage. »

S’il permettrait de revoir du football, le huis clos n’est pas la solution magique. Y en a-t-il seulement une en cette période si compliquée à traverser ? Pour Eddy Janssis, président de la fédération des supporters de Belgique, cela pourrait même entraîner un effet pervers. « Le huis clos est une possibilité à prendre en compte mais l’essentiel, c’est la santé et la sécurité. Je me souviens d’un match sans supporters entre le Standard et Saint-Trond en août 2016. Des milliers de personnes s’étaient réunies autour du stade pour attendre le bus et dans les cafés. Vivre une telle situation existe, avec le risque supplémentaire de la transmission du virus. »

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