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Un virologue allemand, référence en matière de coronavirus, met en garde contre une deuxième vague d’épidémie «plus puissante et incontrôlable»

Un virologue allemand, référence en matière de coronavirus, met en garde contre une deuxième vague d’épidémie «plus puissante et incontrôlable»
Isopix

Depuis quelques jours, certains pays européens ont commencé à relâcher certaines mesures de confinement et de distanciation sociale.

C’est le cas notamment de l’Allemagne, dont la gestion du coronavirus fait figure d’exemple tant les chiffres sont particulièrement bas, en comparaison avec ses voisins européens. Le taux de mortalité y est de 61 morts par million d’habitants, bien loin de 560 morts par million d’habitants de la Belgique, des 474 de l’Espagne et des 415 de l’Italie.

En raison de ces chiffres encourageants et d’une progression largement maîtrisée de la maladie, certains États fédéraux ont décidé d’alléger quelque peu les mesures de confinement en autorisant notamment la réouverture de petits magasins. Si d’autres États et politiciens appellent à un déconfinement plus rapide, Angela Merkel se veut prudente.

Un point de vue partagé par Christian Drosten, virologue célèbre dans le pays et directeur l’Institut de virologie de l’hôpital Charité de Berlin. « Je regrette ce qu’il se passe depuis quelques jours. Nous sommes sur le point de perdre complètement notre avance sur la maladie », estime le scientifique, dont les propos nous sont rapportés par nos confrères de Het Laatste Nieuws. « Nous sommes l’un des rares pays au monde où le nombre d’infections diminue ».

Le virologue estime ainsi qu’une fausse impression de sécurité est alimentée par ces chiffres favorables. Et s’inquiète d’un retour trop rapide à la « normale » qui augmenterait inévitablement le R0, le taux de reproduction du virus soit le nombre de personnes infectées par un seul malade. En Allemagne, il est actuellement de 0,9. Mais même en étant sous la barre de 1, le virus continue de se propager, soutient Christian Drosten.

En relâchant les efforts trop rapidement, le virologue prédit une deuxième vague de contamination, plus puissante et plus difficile à contenir que la première. « Nous nous retrouverons dans des situations où des camions-citernes remplis de désinfectant circuleront dans les rues, car ce sera les seules mesures, désespérées, pour combattre le virus ».

Pour appuyer ses dires, le virologue prend exemple sur l’expérience de la grippe espagnole. Il explique ainsi que l’épidémie de grimpe espagnole s’est d’abord produite au printemps 1918 de manière assez inégale sur les territoires. Des mesures de couvre-feux et l’effet de l’été semblaient avoir éradiqué la maladie. Jusqu’à l’hiver suivant, où elle est réapparue de plus belle et de manière homogène sur tout le territoire. Ainsi, une majorité des 50 millions de personnes mortes de la grippe espagnole sont décédées durant la deuxième vague de l’épidémie.

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