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Succès fou pour le sexe par webcam pendant le confinement en Belgique: Nanoe, 24 ans, gagne «entre 20.000 et 30.000 euros par mois» avec ses vidéos

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Illustration - 123RF

N’étant plus en mesure d’exercer leur profession à cause du confinement, certaines travailleuses du sexe ont trouvé des alternatives, et ça fonctionne très bien ! Il s’agit pour ces femmes de continuer à offrir leurs services, mais virtuellement. Pour d’autres, qui ne sont pas dans le métier à la base, c’est également un très bon moyen de gagner sa vie. C’est le cas de Nanoe, qui étant prothésiste ongulaire et qui a arrêté pour se lancer dans ce métier. Elle y passe de nombreuses heures par jour et empoche « entre 20.000 et 30.000 euros par mois ».

Nanoe et Candy.

OnlyFans est une plateforme très prisée en ces temps de confinement. Elle permet aux utilisateurs d’envoyer des photos ou vidéos nues à leurs abonnés. Pour les abonnements mensuels, l’utilisateur choisit un « artiste » et a accès à tout son dossier de photos. Pour ce qui est des vidéos mettant en scène du sexe, il faut encore payer un supplément. Nanoe Vaesen, une Belge de 24 ans, explique qu’elle a créé un profil sur la plateforme OnlyFans il y a maintenant un an et que cela lui permet de gagner sa vie aisément. « J’ai connu l’application grâce à une connaissance. Je me suis dit ‘pourquoi pas’. J’avais déjà beaucoup de followers sur Instagram, donc le jour où j’ai partagé mon compte OnlyFans sur les réseaux sociaux, j’ai eu 40 fans d’un seul coup. Toutes ces personnes payaient pour me voir nue », explique la jeune femme, qui fait chaque jour de nouvelles vidéos pour ses abonnés. Nanoe explique qu’en période de confinement, elle a encore plus de succès et de demandes. « Par exemple, j’ai quatre sessions webcam depuis Skype ce soir dans mon agenda », explique-t-elle au Morgen.

Du travail acharné

Avant la crise de coronavirus, Nanoe comptait 800 abonnés. Aujourd’hui, elle en a 1400. « Je fais des vidéos et je réponds aux messages de fans du matin jusqu’à bien après minuit. Puisque tous mes abonnés paient pour me voir, je pense qu’il est important que je réponde à ce qu’ils m’envoient », témoigne Nanoe, qui affirme que ce travail lui rapporte énormément d’argent. Elle a d’ailleurs une connaissance qui « s’est achetée deux maisons grâce à son travail de sexe en ligne ». « Je n’ai rien à redire, puisque je gagne 20.000 à 30.000 euros par mois de cette façon », affirme Nanoe, qui dit que ce métier lui prend énormément de temps, surtout qu’elle a une fille dont elle doit s’occuper, alors que ses fans en attendent toujours plus d’elle. « Je passe facilement dix heures par jour à entretenir mon compte OnlyFans, mais malgré ces longues journées de travail, j’ai toujours l’impression de ne pas être à la hauteur », témoigne Nanoe.

Nanoe explique que les hommes sont de plus en plus exigeants et qu’elle a parfois du mal à tout gérer. « Les gens pensent parfois vraiment que je suis un robot. Parfois, un homme est en colère quand il doit attendre un peu pour la session Skype ».

Candy, également adepte de la plateforme, gagne elle entre 4000 et 5000 euros par mois grâce à son profil OnlyFans. Certains de ses abonnés lui versent même couramment de très grosses sommes sur son compte bancaire. « Je suis parfois choquée, mais je leur suis bien sûr très reconnaissante. Il y a même des hommes qui savent que je suis une mère et qui me donnent un peu d’argent pour mettre sur le compte épargne de ma fille », ajoute Candy.

Les travailleuses et travailleurs du sexe s’y mettent aussi

Pour les travailleuses du sexe, le confinement est venu mettre un frein dans leur profession. Sur redlights.be, la plus grande plateforme publicitaire belge pour les professionnels du sexe, il est d’ailleurs indiqué que toute relation physique est strictement interdite. C’est pourquoi certaines prostituées se sont elles aussi lancées dans le sexe virtuel. Sandra, qui avait à peu près huit clients par jour quand elle travaillait dans un bar, affirme avoir reçu « huit demandes en même temps vers 11 heures pour planifier un appel vidéo WhatsApp ». « C’est vraiment incroyable », ajoute-t-elle. Mais Sandra avoue qu’elle préférait son travail dans la vraie vie, quand l’acte sexuel était en grande partie quelque chose de social. « Je suis fatiguée d’être ici devant mon appareil photo pendant des heures, et je suis encore plus stressée que si je pouvais recevoir des clients en personne. J’ai beaucoup de rendez-vous, je ne suis pas habituée. Et si je ne réponds pas immédiatement à un message, certains hommes m’envoient des points d’interrogation nerveux », confie Sandra, qui affirme que si elle le voulait, elle pourrait travailler 24 heures par jour, son téléphone ne s’arrêtant jamais de sonner. Sandra pense que la principale raison pour laquelle le sexe en ligne a autant de succès en ce moment, c’est parce que « les hommes deviennent fous maintenant qu’ils doivent rester à la maison avec leur femme toute la journée », prétend-elle avant d’ajouter : « Avant-hier, j’ai appelé quelqu’un qui était aux toilettes, et soudain, j’ai entendu sa femme hystérique de l’autre côté de la porte. Elle avait découvert son téléphone, avec quelques messages que nous avions échangés. Pour ces hommes, ce n’est pas facile non plus ». Malgré la situation sanitaire actuelle, nombreux sont les hommes qui demandent encore à Sandra pour la voir en vrai et avoir de vrais rapports. « Quand c’est comme ça, je les élimine et je leur dis que non, je ne peux pas rencontrer quelqu’un maintenant », explique Sandra.

William, travailleur du sexe, a lui aussi décidé de se lancer dans les services numériques quand il a dû arrêter de travailler à cause du confinement. Il explique que quand il a un rendez-vous numérique avec un homme, cela tourne toujours autour du sexe directement, tandis que quand il s’agit d’une femme, c’est d’abord ‘une bonne conversation, et le sexe vient plus tard’ ». Wiliam se dit également impressionné par le fait que les gens paient pour un appel vidéo. « Vous remarquerez qu’il y a un grand besoin d’affection, et le travail du sexe peut être d’une grande aide », explique William. Pour une demi-heure de satisfaction, William demande 20 euros à ses abonnés, un prix très bas par rapport à celui qu’il demandait quand il avait de vraies relations. Sandra, elle, affiche ses prix en fonction de la concurrence. Si certaines escortes baissent leur prix, elle le baissera aussi. Elle demande 40 euros pour une conversation WhatsApp de 30 minutes. D’autres n’hésitent pas à proposer des prix assez élevés, comme Ciara, spécialisée dans le bdsm, qui demande 75 euros pour 30 minutes.

La recherche du contact social

Mais pourquoi payer alors qu’il existe des sites pornographiques gratuits ? Selon Nanoe, le travail sur OnlyFans est différent car « certaines personnes recherchent vraiment un contact personnel. Vous ne pouvez pas discuter avec une actrice américaine, mais avec moi vous pouvez. J’ai créé mon profil pour vendre du sexe, mais ce n’est pas toujours la raison pour laquelle les gens viennent à moi », explique-t-elle. Et Candy rejoint l’opinion de Nanoe, affirmant que certains hommes qui la suivent « ne sont pas heureux dans leur mariage et recherchent de l’attention sur les réseaux sociaux pour ne pas avoir à tromper leur femme ». Le sexologue Wim Slabbinck est du même avis. « Beaucoup de gens qui font appel aux professionnels du sexe ne demandent pas que du sexe, il est parfois très agréable que quelqu’un vous écoute pendant quelques heures. Surtout en ce moment, certaines personnes se sentent plus seules que jamais car les nombreuses façons de dissiper cette solitude ont disparu. Par exemple, vous ne pouvez plus vous confier en allant boire un café avec un ami ». Le sexologue explique également que le plus du sexe numérique, c’est le fait qu’il soit « actif ». « Si vous regardez du porno anonyme, ce que vous faites ne changera pas le comportement de la personne sur votre écran. Surtout maintenant que l’attention est devenue une denrée précieuse, plus de gens sont prêts à payer pour ça. C’est là que se situe le succès du sexe par webcam », explique Wim Slabbinck.